Chronique : Faible croissance et baisse de taux… la zone euro en 2020

La carte de l'Europe

S&P Global s’attend à ce que l’économie de la zone euro continue de ralentir en 2020 pour atteindre 1,1 % de croissance, contre 1,2 % en 2019, principalement en raison d’une demande extérieure plus faible.

Les tensions commerciales et le ralentissement de la croissance du PIB chinois, qui devrait tomber sous la barre des 6,0 %, pèseront sur les exportateurs européens, en particulier l’Allemagne et l’Italie, tandis que la France et l’Espagne devraient se distinguer par leur résistance.

En réponse à la faiblesse de l’économie, la Banque centrale européenne a poussé les taux en dessous de zéro, s’assurant ainsi que les rendements publics continueront à se négocier en territoire négatif. Suite au nouveau « stimulus package », nous ne prévoyons désormais aucune hausse des taux d’intérêt avant 2022.

L’Europe est parvenue à un état qui ressemble à une stagnation séculaire: faible croissance et faible inflation, excédent de la balance courante proche de 2,9% du PIB et épargne excédant les investissements, malgré des taux négatifs. Le ralentissement n’est pas seulement dû à un choc externe, il est également imputable à des facteurs structurels: de maigres améliorations de la productivité, une dégradation du profil démographique, une épargne excessive combinée à une pénurie d’actifs sûrs et le fait que la zone euro reste relativement endettée. Tous ces facteurs ont fait baisser le soi-disant taux neutre de l’économie de la zone euro.

Pour éviter la stagnation, la politique budgétaire devrait venir à la rescousse. Étant donné que les taux d’intérêt sur les obligations d’État sont nettement inférieurs à la croissance nominale et même négatifs dans la plupart des pays, il serait logique que les gouvernements empruntent davantage pour financer des projets favorisant la croissance.