Chronique : La qualité de crédit des assureurs japonais devrait rester bonne en 2018

Le Japon

Nous n’attendons pas d’évolution significative de la qualité de crédit des assureurs japonais en 2018. Ceci vaut pour le secteur vie comme pour le secteur non vie. Les notations devraient cependant rester contraintes par la note souveraine qui se situe aujourd’hui au niveau ‘A+’.

Les assureurs japonais devraient poursuivre l’accumulation de fonds propres et l’émission de dettes subordonnées afin de  renforcer leur solvabilité. Leur rentabilité devrait toutefois rester contenue du fait de l’environnement de taux d’intérêt extrêmement bas qui prévaut dans l’archipel et dont nous n’anticipons pas la fin à court terme. C’est d’ailleurs pour cette raison, et à cause de perspective de croissance limitées, qu’un nombre croissant d’assureurs nippons développent des activités à l’international. Ainsi, la part des investissements libellés en devises étrangères n’a cessé de croître pour atteindre près de 7% en moyenne. Par ailleurs, les assureurs japonais se sont livrés à des opérations d’acquisitions hors de leurs frontières et nous nous attendons à ce que cette tendance perdure, alors même que les opérations intervenues en 2017 ont été moins significatives.

Dans le secteur vie, les marges devraient continuer de s’étioler du fait de l’environnement de taux bas mais leur impact sur la rentabilité globale des acteurs devrait rester limité du fait de l’importance des encours sous gestion. De plus, les portefeuilles de polices assorties de taux garantis élevés continuent de se réduire ce qui allège d’autant la pression sur la rentabilité des intervenants. Enfin, nous demeurons vigilants au regard de l’exposition croissante des assureurs vie au risque de change ainsi qu’à l’évolution des tables de mortalité qui pourraient conduire au renforcement des exigences de provisionnement pour certains types de produits.

Pour leur part, les assureurs non-vie japonais continuent d’être exposés au risque important de catastrophes naturelles, même s’ils ont effectué des progrès significatifs en matière de diversification de leurs portefeuilles de risques. En assurance automobile, la concurrence demeure intense et nous nous attendons à une baisse moyenne des tarifs d’environ 3% en 2018 pour les affaires nouvelles. Au global, nous nous attendons à une stabilisation des résultats ainsi qu’à un renforcement des synergies entre canaux de distribution vie et non vie.

Marc-Philippe Juilliard
Directeur, S&P Global Ratings