Chronique : Bonne surprise pour les assureurs vie japonais

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Le Japon

Les résultats des principaux assureurs-vie japonais ont dépassé nos attentes en 2017 : le résultat net agrégé des quatre principaux acteurs notés par S&P Global Ratings a grimpé de 16% pour atteindre 943 milliards de yens (environ 7.2 milliards d’euros).

Les revenus des placements non domestiques ainsi que les dividendes générés par les actions japonaises sont en hausse ce qui, combiné à une baisse des taux d’intérêt moyens garantis, participe à l’obtention de résultats financiers au-dessus de nos estimations. Les bénéfices liés à l’activité de souscription (excluant les revenus des investissements) sont pour leur part stables par rapport à l’exercice précédent.

Les assureurs japonais poursuivent l’accumulation de fonds propres grâce aux bénéfices non distribués. Les plus-values latentes sur les portefeuilles d’actions domestiques ont également augmenté en 2017. Au cours de l’exercice 2017, les trois assureurs mutualistes (Nippon Life Insurance Co., Sumitomo Life Insurance Co., et Meiji Yasuda Life Insurance Co.) ont émis des dettes subordonnées répondant à nos critères d’éligibilité pour leur reconnaissance en tant que fonds propres. Pour l’ensemble de ces raisons, les fonds propres disponibles pour absorber des pertes ont augmenté au-delà de nos attentes pour les quatre principaux assureurs vie japonais.

En 2018, nous n’attendons pas de hausse du résultat lié aux opérations d’assurance. Bien que les taux d’intérêt garantis moyens aient diminué, les faibles taux d’intérêt domestiques limitent la rentabilité des assureurs. Pour contrer ces effets, les assureurs-vie investissent à l’international et dans des titres à revenus variables.

Ainsi, les assureurs-vie japonais restent principalement exposés au risque de volatilité des actions domestiques et aux variations de taux d’intérêts. De plus, le risque de forte volatilité des actions domestiques s’est accru suite au rallye financier observé au cours de l’exercice 2017. Les faibles taux d’intérêt, d’une part, et le risque de volatilité des marchés d’actions d’autre part, contraignent les assureurs vie à ne plus augmenter la proportion de leurs investissements en actions. Ils sont également exposés au risque de change puisqu’ils allouent une proportion décroissante d’investissements aux obligations libellées en Yens et privilégient les actifs non-domestiques. Nous estimons que l’environnement de taux bas prolongé forcera les assureurs-vie japonais à préserver un équilibre étroit entre la recherche de rendements et la maîtrise des risques.

Aurelie Salmon, Analyste Crédit
S&P Global Ratings