Résultats 2015 T3 : Bénéfice net en hausse pour Lloyds Banking Group

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La banque britannique Lloyds Banking Group (LBG) a fait état mercredi d’une hausse de 15% de son bénéfice net lors des neuf premiers mois de l’année malgré l’enregistrement de nouvelles lourdes provisions liées à un scandale d’assurances-crédit (PPI).

Entre le 1er janvier et le 30 septembre, LBG a dégagé un bénéfice net de 1,541 milliard de livres (2,138 milliards d’euros), malgré l’enregistrement d’une provision de 1,9 milliard de livres (2,6 milliards d’euros) pour dédommager des clients lésés par des assurances-crédit défectueuses et payer des amendes dans cette affaire.

Le groupe a amélioré de 6% son bénéfice ajusté notamment grâce à une réduction des charges de dépréciations par rapport à la même période l’an passé. Le directeur général de Lloyds, António Horta-Osório, a expliqué dans un communiqué que la banque bénéficiait “de la robustesse de l’économie britannique qui connaît un faible taux de chômage, des prix immobiliers en hausse, une progression des dépenses de consommation et une réduction de l’endettement des ménages”.

Pour l’ensemble de l’année en cours, le groupe s’est contenté d’expliquer que ses revenus seraient in fine “légèrement plus bas que ceux de 2014”, sans préciser davantage. Sauvée par une intervention de l’Etat britannique pendant la crise financière internationale, LBG n’est plus détenue qu’à moins de 11% par la puissance publique, le gouvernement conservateur ayant accéléré la privatisation de ses parts.

La nouvelle provision enregistrée par Lloyds pour les PPI, qui comprend 500 millions de livres versées au seul troisième trimestre, porte à 13,9 milliards de livres (19,3 milliards d’euros) le montant total des sommes mises de côté par LBG dans cette affaire. Lloyds est l’établissement britannique qui a le plus payé pour ce scandale qui a poussé le secteur bancaire à provisionner au total la bagatelle de 26 milliards de livres jusqu’à présent.

Ce scandale des PPI remonte aux années 1990, lorsque les banques britanniques ont commencé à vendre massivement des assurances destinées à soutenir les emprunteurs qui se retrouveraient dans l’incapacité de rembourser un prêt, immobilier ou autre, ou de faire face aux échéances liées à leur carte de crédit – à cause par exemple de la perte d’un emploi, d’un accident ou d’une maladie.

L’affaire a émergé dans les années 2000 lorsqu’il est apparu que ces PPI comportaient des clauses cachées faisant que l’emprunteur ne pouvait en bénéficier lorsqu’il en avait besoin. Des assurances ont aussi été vendues sans demander clairement l’avis des clients, dont certains les payaient parfois sans même le savoir.