Résultats 1T : KBC se montre résistant, en dépit de la crise

Le bancassureur belge KBC a fait mieux que prévu au premier trimestre même s’il a affiché un bénéfice net divisé par deux sur un an, en raison de la crise de la dette et d’une coûteuse réduction de son exposition à des actifs hérités de la crise financière.

Le groupe a dégagé sur les trois premiers mois de l’année un bénéfice net de 380M d’euros contre 821M d’euros un an plus tôt, selon des résultats publiés jeudi. Bien qu’en baisse, ce résultat est meilleur qu’attendu: les analystes interrogés par l’agence Dow Jones Newswires tablaient sur un bénéfice net de 221M d’euros, soit une baisse de 73% sur un an.

« Ce résultat a été obtenu en dépit de conditions de marché particulièrement  difficiles… », a souligné Johan Thijs, numéro un du groupe, dans un communiqué. Le bénéfice du premier trimestre a été affecté par une augmentation des provisions pour pertes de crédit en Irlande qui se sont élevées à 195M  d’euros et des pertes liées à la restructuration de la dette grecque.

L’offre d’échange d’obligations d’État grecques a elle coûté 21M d’euros (après impôts) au bancassureur, détaille-t-il dans son communiqué. Autre facteur et non des moindres: le coût de la réduction de l’exposition de KBC aux CDO –des crédits structurés qui plombent son portefeuille– a entraîné une réévaluation de quelque 200M d’euros.

Résultat net sous-jacent de 455M d’euros

 Au final, le groupe a toutefois réduit son exposition de 2,2Md d’euros, grâce à des clôtures anticipées et des ventes. Hors éléments exceptionnels, le résultat net sous-jacent du groupe belge s’est inscrit à 455M d’euros, contre 658M un an plus tôt.

« Le premier trimestre voit la continuation de la robuste performance de nos activités sous-jacentes enregistrée aux trimestres précédents. Nous continuons à nous focaliser sur le service à notre clientèle sur nos marchés domestiques de Belgique et d’Europe centrale”, affirme M. Thijs.

Dans ce contexte, KBC a poursuivi son plan de désinvestissement, contrepartie des aides publiques qu’il a reçues à trois reprises entre 2007 et 2009.  « Nous poursuivons nos efforts nos efforts pour rembourser 4,7Mds d’euros d’aides publiques (avant pénalité) d’ici fin 2013, comme le plan européen le prévoit », a souligné M. Thijs.

Remboursement

KBC a déjà remboursé une première tranche de 500M d’euros au gouvernement fédéral belge, avec une pénalité de 15%. Il a également conclu un accord avec l’allemand Talanx pour lui céder sa filiale Warta, deuxième assureur polonais.

Pour KBC, la transaction devrait libérer un volume de capital de près de 700 M d’euros. Lorsqu’elle sera finalisée, elle aura une incidence favorable de quelque 300M d’euros sur le compte de ses résultats.

En revanche, le groupe n’affiche pas de perspectives pour le reste de l’année mais avertit des risques liés à une possible résurgence de la crise de la dette et d’une propagation à l’économie réelle.

 BRUXELLES, 10 mai 2012 (AFP)