International : Le conflit Chine-Japon déteint sur les compagnies d’assurance

Plusieurs groupes d’assurance japonais refusent d’assurer de nouveaux clients face aux dommages liés aux manifestations en Chine, après de récentes violences antinippones engendrées par un conflit diplomatique, a affirmé vendredi un quotidien japonais.

D’importantes manifestations antijaponaises ont eu lieu en Chine à la mi-septembre, après la nationalisation nippone d’îles de mer de Chine orientale administrées par Tokyo, mais revendiquées avec force par Pékin. Des voitures, boutiques, usines et bâtiments japonais ont été endommagés voire détruits pendant ou en marge de ces protestations.

Le journal économique Nikkei a expliqué que les principaux assureurs japonais étaient depuis surchargés de demandes d’indemnisation de la part des entreprises nippones qu’ils garantissent en Chine. Habituellement les dégâts causés par des grèves, révoltes et désordres civils (GRDC) ne sont pas prises en compte par les polices d’assurance japonaises des propriétés.

Mais les entreprises peuvent demander l’inclusion d’une clause dans leur contrat d’assurance, prévoyant le remboursement des dommages directs liés aux GRDC ainsi que les pertes dues à la fermeture d’usines et magasins à cause de tels troubles.

D’après le Nikkei, trois des principaux assureurs japonais, Tokio Marine & Nichido Fire Insurance, Sompo Japan Insurance et Mitsui Sumitomo Insurance, entre autres, ont décidé de ne plus accepter de telle clause dans les nouveaux contrats conclus avec des entreprises japonaises en Chine.

Pour les contrats existant incluant une telle clause, elles envisageraient d’augmenter le montant des cotisations, a précisé le journal. Elles devraient fixer le nouveau montant des tarifs après avoir évalué précisément le montant des dégâts occasionnés par les actes de vandalisme de la mi-septembre.

Le montant total réclamé par les entreprises japonaises victimes de ces violences serait pour l’instant évalué entre plusieurs milliards de yens et dix milliards de yens (entre quelques dizaines et 100 millions d’euros), selon l’Association générale des assurances du Japon.

Les autorités chinoises ont depuis mis le holà à ces manifestations de rue, mais la tension sino-japonaise reste forte autour des îles Senkaku (appelées Diaoyu à Pékin).

TOKYO, 05 octobre 2012 (AFP)

Illustration : Flickr cc Dominic