Chronique : Les assureurs-vie ont avant-tout préservé leurs marges

Comme chaque mois, Standard and Poor’s revient en détail sur une notation ou une analyse. Pour février, nous parlons du marché de l’assurance-vie en France en 2012 et les perspectives de 2013. Cette chronique a été publiée dans l’Hebdo News Assurances PRO n°63 du 14 mars.

La baisse modérée des taux servis aux assurés en 2012 traduit la volonté des assureurs de rester compétitifs tout en préservant leur marge.

Les rendements des contrats en Euro ont baissé de 10 à 20 points de base en 2012 et la moyenne des taux servis aux assurés devrait se situer aux alentours de 2,90%. Le taux de l’OAT 10 ans a baissé de plus de un pour cent en 2012 pour terminer à 1,98%, tandis que le taux du Livret A a été abaissé de 50 points de base début 2013, à 1,75%. Au vu de ces indicateurs de marché, nous considérons donc que le niveau des taux servis constitue pour les assureurs-vie un compromis entre la nécessité de préserver l’attractivité de leurs produits et celle de préserver leurs marges.

L’environnement reste peu favorable pour les assureurs-vie du fait de taux d’intérêts bas, de la volatilité des marchés actions et de la baisse de leur chiffre d’affaires. Ils ont toutefois pu bénéficier en 2012 du redressement des marchés actions (le CAC 40 ayant grimpé de plus de 15%). L’année 2012 n’a pas été affectée par des dépréciations comme celles passées par les assureurs sur les obligations grecques en 2011. Enfin, le rendement global des portefeuilles demeure pour les assureurs-vie supérieur aux rendements actuels du marché. Ainsi, cette baisse, bien que légère, devrait selon nous avoir un impact positif sur les marges et les bilans des assureurs-vie.

Néanmoins, nous considérons que la solvabilité ajustée du risque reste une faiblesse relative pour les notes du secteur. Parmi les onze compagnies que nous notons et pour lesquelles l’assurance-vie est une activité selon nous substantielle, six d’entre elles voient leur note assortie d’une perspective négative. L’environnement actuel de taux bas restreint les profits futurs, tout en augmentant le coût des garanties associées aux produits d’assurance-vie. De plus, ce même environnement pousse les assureurs à se tourner vers les obligations du secteur privé ou les prêts pour augmenter leur rendement, ce qui pourrait se traduire à terme par une augmentation du risque de crédit. Enfin, l’essentiel des portefeuilles d’assurance vie reste constitué de produits traditionnels d’épargne consommateurs en fonds propres, malgré les efforts de beaucoup d’acteurs pour orienter leur offre vers les produits en unités de compte, la prévoyance ou la santé.

Gwénaëlle Gibert
Associate Director – Financial Services
Standard and Poor’s