Taux bas : Un risque pour la stabilité financière mondiale selon le FMI

Une période prolongée de taux d’intérêt bas dans les économies développées est porteuse de risques pour la stabilité financière mondiale, selon un rapport du FMI publié jeudi.

Une telle situation présenterait « des défis considérables pour les institutions financières », les obligeant à modifier « significativement » leurs modèles de gestion, souligne le Fonds monétaire international dans son rapport semestriel sur la stabilité financière mondiale. La banque centrale américaine a récemment commencé à remonter ses taux d’intérêt qui se sont situés à zéro entre la fin 2008 et la fin 2015 alors que le principal taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) se situe actuellement à zéro.

« Dans un tel contexte, les courbes de taux s’aplatiraient vraisemblablement, réduisant les bénéfices des banques et poseraient des défis durables aux compagnies d’assurance-vie et aux fonds de retraite à revenus garantis », souligne le rapport. Le Fonds ne se prononce pas sur la question de savoir si un tel environnement existe déjà mais seulement sur le fait que les conséquences doivent être prises en compte. Il entraînerait également une période de faible croissance prolongée dans les économies avancées, également confrontées au vieillissement de leur population et à une productivité stagnante.

L’exemple du Japon montre notamment qu’une « sortie définitive d’un environnement de taux bas ne doit pas être tenue pour certaine », rappelle le FMI. Dans un tel contexte, le secteur bancaire devrait se consolider avec les petites banques absorbées par les plus grosses afin de compenser leur manque de rentabilité ou alors contraintes de fusionner entre elles. Le secteur de l’assurance-vie ne pourrait plus s’appuyer sur les taux d’intérêts pour garantir des annuités et serait contraint de se recapitaliser ou de se développer vers d’autres secteurs, le vieillissement de la population orientant la demande davantage vers l’assurance-santé que l’épargne.

Le rapport demande par ailleurs aux responsables politiques de se concentrer sur la stabilité du système financier à long terme plutôt « que de succomber aux appels à la dérégulation ». Les autorités nationales ne devraient pas s’opposer à la consolidation du secteur bancaire tout en resserrant les critères d’évaluation d’actifs pour les assureurs et les fonds de pension. Une régulation des fonds indiciels qui sont davantage susceptibles d’attirer les investisseurs en période de taux d’intérêt bas mais qui sont aussi plus risqués est également souhaitable, conseille le FMI.

« La surveillance et la régulation des activités de gestion d’actifs deviendra de plus en plus importante si la part de ce secteur dans l’industrie financière continue d’augmenter », estime le rapport.