Mediator : Plus de 1700 avis positifs d’indemnisation rendus par l’Oniam

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Le collège d’experts qui instruit les demandes d’indemnisation de victimes du Mediator a rendu plus de 1.700 avis positifs, selon un nouveau bilan de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

Ces 1.713 avis positifs pour l’indemnisation, représentent un tiers des avis déjà rendus (5.175) par le collège d’experts depuis leur première réunion en décembre 2011, selon ce bilan de l’Oniam, arrêté au 30 septembre.

Au total, l’Oniam a reçu 8.886 demandes d’indemnisation, émanant en grande majorité de femmes, depuis la mise en place de ce dispositif d’indemnisations à l’amiable en 2011.

Dans 17 cas, l’Oniam, au nom de l’Etat, se substitue au laboratoire Servier – qui n’a pas payé dans les délais ou a proposé une indemnisation “manifestement insuffisante” – pour payer les indemnités dues aux victimes. Dans ce cas de figure, l’Oniam va en justice pour récupérer les sommes avancées aux victimes et ce avec une “pénalité de 30%” pour le laboratoire.

Sur 59 demandes de substitution de la part des victimes, 42 ont été refusées car le montant de l’indemnisation proposée par Servier était conforme à l’avis des experts de l’Oniam, indique ce bilan. Parmi les 5.175 avis rendus par le collège d’experts, 3.349 dossiers de demandes d’indemnisations on été rejetés.

L’absence de preuve de prise du benfluorex ou une durée d’exposition insuffisante à ce coupe-faim ont motivé 323 rejets tandis que 3.023 dossiers étaient rejetés en raison d’une “pathologie non imputables au benfluorex (Mediator, ndlr)”. Dans 113, les demandeurs se sont désistés.

Le laboratoire Servier a affirmé, le 16 septembre dernier, avoir “déjà versé près de 12 millions d’euros d’indemnisations aux victimes du Mediator, en évoquant des procédures civiles et celle passant par l’Oniam. Le laboratoire précisait également que le montant total des offres d’indemnisation atteignait plus de 20 millions d’euros” dont ces 12 millions déjà versés. Le Mediator a été prescrit pendant plus de 30 ans, d’abord contre l’excès de graisses dans le sang, puis comme traitement adjuvant pour les diabétiques en surpoids.

Utilisé par cinq millions de personnes en France, le Mediator est à l’origine de graves lésions des valves cardiaques – des valvulopathies – et d’une pathologie rare, mais particulièrement grave, l’hypertension artérielle pulmonaire. Il pourrait être responsable à long terme de 2.100 décès, selon une expertise judiciaire.