Gema : Les assureurs mutualistes face aux enjeux de 2013

Le Gema dénonce une « rentrée réglementaire » compliquée. Les sujets ne manquent pas et sur les métiers des assureurs mutualistes, des doutes persistent.

« C’est une véritable inflation législative » selon Gérard Andreck, en guise d’introduction à la rencontre avec la presse organisée par le Gema.
L’énumération du président montre en effet les nombreux sujets présents à l’ordre du jour du groupement des entreprises mutuelles d’assurances. Les travaux Solvabilité 2, L’égalité tarifaire entre hommes – femmes, la directive DIA II, l’harmonisation SEPA pour les moyens de paiements, une nouvelle hausse de l’« exit-tax », la lutte contre le blanchiment d’argent sont autant de sujets de la rentrée pour les mutuelles d’assurances et leur fédération.

A cette « avalanche de texte » s’ajoutent des incertitudes sur les activités. « Nous aurons des difficultés à l’expansion » pour Gérard Andreck qui ajoute « la crise nous a rattrapé ». En effet, les adhérents du Gema, très présents en non-vie, sont confrontés à un effet crise qui affecte la sinistralité en MRH avec une recrudescence des cambriolages et des incendies qui ne devrait pas s’améliorer en 2013.

Mieux que le marché en assurance-vie

En auto, les assurés se tournent de plus en plus « vers des formules moins coûteuses », tandis que le prix des sinistres corporels continue d’augmenter. Sur le sujet de la RC, les rentes dont les hausses pourraient être supportées par les assureurs peuvent « nous poser un problème sérieux en termes de tarifs » pour Gérard Andreck. Jean-Luc de Boissieu, de son côté, reconnaît que les calculs préliminaires réalisés par le Gema montrent une hausse des tarifs qui pourrait être de « plus d’un point ».

En assurance-vie, les mutuelles du Gema tirent leur épingle du jeu. Malgré une décollecte de 5Mds d’euros après 8 mois en 2012, les adhérents ont « à l’équilibre » selon Gérard Andreck. « Nous avons enregistré une baisse de la collecte mais les sorties sont stables » ajoute-t-il, alors que les d’autres familles de l’assurance subissent une hausse des prestations versées depuis un an. « Il se pourrait que nous enregistrions une collecte légèrement positive. »
Le Livret A, concurrent direct de l’assurance-vie, favorise « l’attentisme » des épargnants selon Gérard Andreck. « Nous comprendrions qu’au delà d’un certain niveau, les revenus du Livret A soient soumis aux prélèvements sociaux » estime le président du Gema, tout en protégeant l’assurance-vie. « Ce serait une erreur de pénaliser l’épargne longue, mais nous attendons avec inquiétude » affirme-t-il, signe que les enjeux réglementaires et fiscaux restent au cœur de la fin d’année du Gema.