Assurance santé : Passe d’armes entre Marisol Touraine et François Fillon

Depuis l’entre-deux tour de la primaire de la droite et du centre, le sujet de l’Assurance maladie, et par conséquent des complémentaires santé est mis au centre du jeu politique. Marisol Touraine et François Fillon se répondent par médias interposés.

Lundi soir, François Fillon était l’invité du JT de France 2. L’occasion pour le désormais candidat adoubé à l’élection présidentielle de préciser son programme en matière de santé. Car depuis le soir du premier tour, l’ancien Premier ministre est attaqué par ses adversaires à la primaire et par la gauche sur cette question. Lors du débat entre Alain Juppé et François Fillon, Marisol Touraine mettait en garde, sur Twitter, contre une privatisation de la santé, chiffrant une hausse du reste à charge de 3.200 euros pour chaque foyer.

Depuis le sujet est sur toutes les lèvres et François Fillon s’est défendu sur la question. « Moi je veux sauver la Sécurité sociale. […] Je souhaite que les personnes les plus modestes et âgées soient mieux remboursées qu’aujourd’hui », affirmait-il au journal télévisé de France 2. Mieux remboursés par les organismes complémentaires ou par l’Assurance maladie. Sur ce sujet, il est resté plus vague, évoquant « les deux », et précisant « qu’il fallait simplement définir un panier de soins », sans en préciser sa teneur.

Pour y parvenir, François Fillon consultera notamment les professionnels de la santé. Une tendance semble se dessiner, le gros risque serait à la charge de l’Assurance maladie, le reste serait le terrain de jeu des Ocam. Reste à savoir où sera placé le curseur.


Sécu : Fillon s’engage pour « les plus modestes »

Deux jours plus tard, la ministre de la Santé a à nouveau réagi aux propos et au programme du candidat Les Républicains. « Le programme de François Fillon en matière de Santé est un programme dangereux qui va fragiliser les classes moyennes, les personnes âgées qui ont des petites retraites. C’est un programme qui consiste à dire, vous êtes pauvre, on vous rembourse complètement. Vous n’êtes pas pauvre, vous devrez payer nettement davantage ».

« Cette passe d’arme à au moins le mérite de mettre les questions de santé au cœur de la campagne, se félicite un observateur. Et ça faisait bien longtemps que ça n’était pas arrivé ». Un sondage BVA dévoilé au début du mois de novembre plaçait d’ailleurs la santé comme préoccupation n°1 des Français devant les problèmes liés aux ressources et l’emploi.