Scor : Pourquoi le salaire de Denis Kessler a fait l’actualité

Interview Denis Kessler

La semaine passée a été animée par la rémunération, en hausse, de Denis Kessler. Avec 5,13M d’euros estimés pour l’année 2013, le salaire du PDG de Scor a beaucoup fait parler, jusque dans les rangs mutualistes.

Le salaire de Denis Kessler fait débat. Avec une rémunération de 2,56M d’euros au titre de 2013, hors actions et stock option, le PDG de Scor, dont le résultat net a bondi de 30% en un an, a vu ses émoluments revenir au centre des discussions. Au total, la rémunération du PDG atteint 5,13M d’euros selon les estimations, en hausse de 10% sur un an.

C’est un article de Libération, mettant en cause la validation par la Macif de cette augmentation de 10% de la rémunération de Denis Kessler qui est à l’origine de ce bruit. Et ce même si, en comparaison des autres patrons du Cac 40, selon le classement des Echos du 5 mai, les rétributions présentes et à venir (actions et stock options ont un effet de report à 2017) du PDG de Scor, le placent au-dessus de Maurice Lévy (4,5M d’euros en 2013), comme le titrait alors nos confrères de l’Argus de l’assurance.

Libération, de son côté, faisait état, le 5 mai, des “échanges entre le mutualiste et le réassureur ces derniers jours, et dont Libération a eu connaissance” pour adopter la hausse de salaire, et pour valider la thèse d’un vote positif de la Macif, alors même que la mutuelle d’assurances s’astreint à une limitation des rémunérations en interne. La veille de l’assemblée générale, cette sortie n’était pas du meilleure effet. Le 7 mai, la Macif répondait à l’AFP, par la voix de son président Gérard Andreck qui déclarait : “j’ai porté les votes pour le compte du groupe Macif à l’assemblée générale de la SCOR et de ce fait j’ai voté contre la résolution n° 5“.

Du côté des actionnaires, un peu moins des 2/3 d’entre eux (64%) ont approuvé cette résolution qui n’a qu’une valeur consultative. Toutefois, il s’agit de la plus faible acceptation lors de l’assemblée générale de Scor du 6 mai 2014. La nouvelle règle instituant le “say on pay” – la possibilité donnée à l’assemblée générale de se prononcer sur les rémunérations de l’année précédente – fait ses débuts en France. A titre de comparaison, lors de l’assemblée générale d’Axa, les votes consultatifs sur les rémunérations de Henri de Castries (Président directeur général) et de Denis Duverne (directeur général délégué) ont été adopté avec 94,4% des voix. Pour rappel, l’an passé, c’est bien Henri de Castries qui recevait la plus forte rémunération du secteur en France, devant… Denis Kessler.