Réforme : Le projet de taxe sur les transactions financières progresse

La taxe sur les transactions financières, soutenue notamment par la France, l’Allemagne et l’Espagne, a fait “un pas de plus” lors d’une réunion à Tokyo du Groupe pilote de l’ONU sur les financements innovants, a-t-on appris vendredi auprès des participants.

Ce groupe, réuni jeudi et vendredi sous la présidence du Japon, s’est en outre élargi à trois nouveaux pays, l’Equateur, le Sri Lanka et le Bhoutan, et compte désormais 63 membres, selon la même source.

“On progresse sur la taxe sur les transactions financières et beaucoup de pays sont intéressés pour continuer dans cette étude”, a déclaré un des participants, précisant qu’un rapport d’experts avait été examiné lors de la réunion. “Il démontre que c’est techniquement faisable, notamment sur les transactions de change qui ne sont pas du tout taxées actuellement, alors que certains disaient que ce n’était pas faisable”, a-t-il dit. “C’est un pas de plus vers la mise en place de cette taxe”, a-t-il estimé.

D’autres initiatives ont été présentées à Tokyo, comme “la micro-taxe sur le tabac présentée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)”, a-t-il poursuivi. Il y a maintenant plus de 20 pays qui appliquent “des mécanismes innovants d’une façon ou d’une autre”, a rappelé cet expert, qui est convaincu que plusieurs Etats, actuellement observateurs, pourraient rejoindre “très bientôt” le Groupe pilote.

Les financements innovants, basés sur des taxes diverses prélevées sur les billets d’avion, le tourisme, l’internet ou les transactions financières, doivent répondre aux énormes besoins en capitaux des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) visant notamment à assurer l’éducation primaire pour tous. Ces taxes diverses ne font pas l’unanimité, certaines nations, comme les Etats-Unis, se montrant réticentes.

La présidence du Groupe, qui tourne tous les six mois, sera assurée l’an prochain par le Mali, puis par l’Espagne, “pays très engagé sur les financements innovants”.

Plusieurs délégations ont demandé que le G20, présidé par la France, s’occupe aussi de ce type de financements. “Ils seront complètement dans l’agenda international en 2011”, s’est-il réjoui.

Tokyo, 17 décembre 2010 (AFP)