Prospective : Les attentes en santé seront bouleversées

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Le climat, le vieillissement de la population, la santé environnementale et les mutations au travail font évoluer les attentes des Français en matière de santé, selon une étude menée par Terra Nova pour AG2R La Mondiale.

AG2R La Mondiale organise aujourd’hui le 30 novembre un colloque sur la protection sociale, en collaboration avec Terra Nova, la Fondation pour l’innovation politique et la Chaire « transitions démographiques, transitions économiques » (TDTE). Des associations de patients, des partenaires sociaux, des organismes complémentaires, des pouvoirs publics et de la société civile sont réunis pour réfléchir aux évolutions des attentes en santé.

Après une introduction d’André Renaudin, directeur général d’AG2R La Mondiale, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, a dressé un portrait assez pessimiste sur les défis des prochaines années en matière de santé. Le vieillissement de la population a été évoqué en premier comme un enjeu crucial de la société de la longévité. « L’espérance de vie sans incapacité croîtra moins vite que l’espérance de vie », indique Thierry Pech. Si en 2012 il y avait 1,2 million de personnes dépendantes en France, elles seront 2,3 millions en 2060, selon les prévisions du think tank. Les coûts de prise en charge des personnes en perte d’autonomie vont également évoluer, passant d’1,1% du PIB en 2014 à 2,1% du PIB en 2060, selon Terra Nova.

L’impact du changement climatique

L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes comme les inondations ou les canicules aura une incidence importante sur la santé. Le climat influence également sur la saison de transmission des maladies vectorielles. Plus indirectement, le réchauffement de la planète aura un impact sur la sécurité alimentaire et le prix des denrées.

La santé environnementale sera également déterminante les prochaines années : la qualité de l’eau, de l’air, et les perturbateurs endocriniens vont coûter cher à notre système de santé. « Des projections récentes de l’OCDE suggèrent cependant que, d’ici 2060, la pollution de l’air pourrait entraîner 6 à 9 millions de décès prématurés et coûter près de 2.600 milliards de dollars par an », indique la note de Terranova.

Enfin, les mutations du travail sont moins « indécidables », selon Thierry Pech, mais elles vont certainement aggraver certaines pathologies liées au travail. « Une société plus terciarisée n’est pas une société plus douce », indique Thierry Pech pour qui « les progrès technologiques contraignent les actifs à s’adapter à des changements plus fréquents qui peuvent être source de stress ». La pénibilité n’aurait pas diminué, selon cette étude, malgré le recul des accidents du travail. Les troubles musculo-squelettiques sont en forte hausse, à cause d’une pression biomécanique, des facteurs psycho-sociaux et d’une organisation du travail défaillante. Les efforts physiques contraints, les tâches répétitives et la fatigue auraient même augmenté, selon Terra Nova.

La puissance thérapeutique va rester décisive mais insuffisante pour faire face aux défis des prochaines années en matière de santé », a conclu Thierry Pech pour qui « les difficultés qui se dessinent appellent à des politiques de santé publique beaucoup plus multidimensionnelles “.

Une autre étude menée par Harris Interactive pour AG2R La Mondiale a été présentée en complément de la réflexion de Terra Nova. La majorité des Français estime que l’absence de maladie n’est pas une condition suffisante pour être en bonne santé. D’autres facteurs comme être en possession des capacités intellectuelles (69%), se sentir bien dans sa tête (68%) ou être en pleine possession de ses capacités physiques (62%) sont cités par les Français dans l’idée qu’ils se font de leur santé. 70% d’entre eux estiment que l’environnement (climat, qualité de l’air, de l’eau, etc) a un impact important sur leur santé.

Les Français considèrent que les maladies chroniques ou les problème de santé qui ne sont pas liés au travail sont bien prises en charge. En revanche, certains problèmes sont considérés comme mal pris en charge, comme le burn-out (69%), la dépendance (64%) et les problèmes de santé physique liés au travail (57%).

Parmi les nouveaux risques, figurent les additions liées aux nouvelles technologies. Par exemple, les addictions au téléphone portable, aux réseaux sociaux ou aux jeux vidéos sont mal prises en charge selon trois quarts des Français.

Selon cette étude, les nouvelles technologies sont plutôt bien perçues pour améliorer la prise en charge de la santé des Français. Les systèmes d’alerte pour prévenir les proches d’une personne dépendante en cas d’urgence sont jugés utiles par 91% des Français. Le recours aux objets connectés est plébiscité par 78% des Français. Face au vieillissement de la population, 53% des Français privilégient les dispositifs permettant de maintenir les personnes dépendantes dans leur domicile le plus longtemps possible.