Polémique : L’opération immobilière de Richard Ferrand grâce aux Mutuelles de Bretagne

Le Canard enchaîné a épinglé Richard Ferrand, nouveau ministre de la Cohésion des territoires, pour avoir loué des locaux commerciaux qui appartenaient à sa femme lors qu’il était  directeur général des Mutuelles de Bretagne. Une opération qui lui aurait permis d’enrichir son patrimoine immobilier familial.

L’affaire immobilière de Richard Ferrand n’a rien d’illégal, comme le rappelle le Canard enchaîné, mais elle soulève le problème du conflit d’intérêts privés et professionnels. Les conditions d’attribution de cette location restent opaques.

Les faits datent de 2011, moment où Richard Ferrand était directeur général des Mutuelles de Bretagne. Le bureau du conseil d’administration se réunit le 25 janvier pour choisir les locaux d’un nouveau centre de soins au centre de Brest. Parmi les trois offres proposées, le bureau choisit à l’unanimité celle d’une société civile immobilière dénommée Saca pour un loyer annuel de 42.000 euros. La Mutuelle s’engage à prendre en charge les travaux de rénovation pour un montant de 184.000 euros. Selon le Canard enchaîné, la SCI n’a pas encore d’existence légale et n’est même pas propriétaire des locaux en question.

C’est bien la compagne de Richard Ferrand, Sandrine Doucen, qui deviendra propriétaire de la SCI, « mais ce détail n’est pas mentionné dans e procès-verbal de la réunion », indique le Canard. Le président des Mutuelles de Bretagne de l’époque, Michel Buriens, ne se souvient pas de ce détail. Interrogé par le Canard enchaîné, Rémi Salaün, l’actuel président de la mutuelle, déclare que « les locaux correspondent en tous points aux besoins de sa mutuelle.

Sandrine Doucen obtient alors un prêt de 402.000 euros, l’intégralité du prix d’achat ainsi que les frais de notaire. « Un traitement réservé aux acquéreurs qui disposent d’un locataire dont les revenus sont garantis », précise le journal. La décision des Mutuelles de Bretagne va donc permettre de rembourser l’intégralité de l’emprunt bancaire. Aujourd’hui, « la valeur des parts de la SCI ont été multipliées par 3.000 », selon le Canard.

Richard Ferrand a affirmé que tout le monde était au courant que la SCI était la propriété de sa compagne. Il a a dénoncé une « pseudo-affaire » et a traité de « dénonciations calomnieuses », les accusations publiées sur le Canard.