Affaire Ferrand : « Le mouvement mutualiste est gangréné depuis trop longtemps »

La Fédération Diversité et Proximité Mutualiste (FDPM) demande l’abrogation immédiate de la loi « Le Roux » et appelle à la démission de Richard Ferrand, après les révélations sur les liens du député avec les Mutuelles de Bretagne.

C’est la première prise de position du monde mutualiste depuis les révélations du Canard Enchaîné sur l’opération immobilière de Richard Ferrand quand il était directeur général des Mutuelles de Bretagne. La FDPM souhaite que « la gouvernance mutualiste soit pleinement partie intégrante de la moralisation de la vie publique », indique la fédération dans un communiqué.

Après les premières révélations du Canard Enchaîné, une nouvelle enquête publiée au journal Le Monde du 31 Mai accuse Richard Ferrand d’avoir pratiqué un « mélange de genres » lorsqu’il était député à l’assemblée générale et à la fois chargé de mission auprès de la nouvelle directrice générale des Mutuelles de Bretagne. LA FDPM considère que « ces révélations font état d’un conflit d’intérêt encore plus grave ».

Le fait que Richard Ferrand ait cosigné la loi « Le Roux » sur les réseaux de soins mutualistes alors qu’il était encore chargé de mission et que Catherine Lemorton, la présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale à l’époque, n’ait pas eu connaissance de ce lien entre les Mutuelles et Richard Ferrand crée, selon la FDPM, « une onde de choc dans le monde mutualiste, dont les valeurs et principes de gouvernance sont bafoués ». La FDPM demande « l’abrogation immédiate de la loi « Le Roux » sur les réseaux de soins, entachée par ce conflit d’intérêt ».

La fédération qui regroupe une centaine de petites et moyennes mutuelles indique dans un communiqué :« Après les scandales retentissants de la MNEF et du CREF et les mea culpa des protagonistes sanctionnés par la justice, force est de constater que certaines mauvaises pratiques perdurent et, en ce sens, « l’affaire Ferrand » à elle-seule fragilise à nouveau le modèle mutualiste ».

L’organisme, présidé par Jean-Louis Span qui a été également candidat à la primaire des Français pour devenir candidat à l’élection présidentielle, souhaite que « le code de la mutualité interdise tout cumul de fonctions électives politiques avec des fonctions d’administrateur ou de salarié d’une mutuelle ». Elle réclame également « l’abrogation de l’ordonnance modificative du Code de la mutualité » pour défaut de concertation avec tous les acteurs mutualistes.