Marché : La finance islamique tente de percer en France

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Niche de la finance éthique, la finance islamique commence à se développer en métropole après de premières initiatives lancées à la Réunion en 2009.

Allianz, par l’intermédiaire d’AGF lançait en 2009, une assurance vie “sharia-compliant”, c’est-à-dire respectant les préceptes de la loi islamique. Mais très peu d’initiatives avaient vu le jour sur le territoire métropolitain.

Pourtant en 2012, Sonia Mariji fondait Noorassur, un courtier grossiste spécialiste des produits d’assurance fondés sur les principes de la finance islamique. Comme pour le produit AGF, l’histoire commence par de l’épargne et un produit d’assurance vie lancé en 2013 baptisé Salam Epargne et Placement porté par Swiss Life. Premier contrat multisupport “sharia-compliant”, le contrat est d’abord distribué par un réseau de courtiers travaillant avec Noorassur. “Nous codons entre 80 et 100 courtiers indépendants que nous avons formés sur la finance islamique”, indique Mourad Chabchoub, directeur développement et partenariats chez Noorassur.

“Ce n’est pas une émanation de la religion”

Après 18 mois de commercialisation, le placement affiche une collecte de 8 millions d’euros pour 3000 clients. En 2015, le courtier opère un virage. De pure player, il souhaite désormais s’offrir une visibilité sur le terrain à travers un réseau d’agences franchisées physique. A la fin du mois d’août, la première agence voit le jour à Chelles. Une deuxième ouvrir bientôt ses portes à Toulouse. “Nous avons d’ores et déjà 20 ouvertures programmées pour 2016, et misons sur une centaine en 2017”, confie Mourad Chabchoub.

La gamme de produit s’élargit elle aussi. Début octobre, un produit d’assistance/annulation pour les voyages à la Mecque, baptisé Hajj Protect doit être lancé. Tout comme une complémentaire santé, une RC Pro mosquée, et une couverture pour le rapatriement des corps. Des produits ouverts à tous selon le courtier. “La finance islamique et l’assurance takaful ne sont pas des émanations de la religion. Il s’agit d’un compartiment de la finance éthique. Ce ne sont pas des produits réservés aux musulmans, souligne Mourad Chabchoub. Bien que nous demandons pas leur religion à nos clients, nous estimons qu’environ 15% de notre portefeuille n’est pas de confession musulmane”

Trois interdictions, deux obligations

Pour coller aux principes de la finance islamique, les produits halal doivent impérativement à répondre à 5 critères, à savoir trois interdictions et deux obligations :

  • Interdiction de l’intérêt et de l’usure
  • Interdiction d’investir dans des activités néfastes (armement, alcool, pornographie…)
  • Interdiction d’investir sur des activités spéculatives
  • Obligation du partage équitable de la richesse
  • Obligation d’investir dans l’économie réelle et tangible

Concernant le dernier point, les investissements dans les OAT ne sont par exemple pas permis puisqu’adossés à de la dette d’Etat et donc intangibles. Une obligation bienvenue par les taux qui courent.