Dai-ichi sera la plus grosse introduction en Bourse en 2 ans dans le monde

Le groupe japonais d’assurance-vice Dai-ichi Mutual Life a annoncé mardi qu’il allait réaliser au 1er avril la plus grosse introduction en Bourse dans le monde depuis celle de Visa il y a deux ans, avec une capitalisation de 1.400 milliards de yens (11,5 milliards d’euros).

Cette opération géante, la plus importante dans l’archipel en plus d’une décennie, constitue selon les analystes une excellente nouvelle pour un marché japonais en nette perte de vitesse face à ses concurrents asiatiques.

Dai-ichi, qui est actuellement une mutuelle détenue par ses souscripteurs de polices d’assurance, a fixé à 140.000 yens (1.147,5 euros) le prix unitaire des quelque 10 millions d’actions qu’il émettra le 1er avril dans le cadre de sa transformation en société anonyme cotée en Bourse.

Le groupe lèvera d’une part quelque 1.009 milliards de yens (8,3 milliards d’euros) en vendant 7,2 (BIEN: 7,2) millions d’actions au public et à des investisseurs institutionnels. Il allouera les nouvelles actions restantes à ses souscripteurs de polices d’assurance-vie.

Il s’agira de la plus grosse introduction en Bourse dans le monde depuis celle du groupe de services financiers Visa en mars 2008 (19,7 milliards de dollars, soit 14,6 milliards d’euros au taux actuel), et de la plus importante au Japon depuis celle de l’opérateur de téléphonie mobile NTT DoCoMo en 1998 (2.100 milliards de yens, soit 17,2 milliards d’euros au taux actuel).

Dai-ichi Mutual Life se rebaptisera pour l’occasion Dai-ichi Life.

Ses principaux actionnaires, souscripteurs de la tranche institutionnelle, seront la banque Mizuho Financial Group avec 5,6% du capital, l’assureur Sompo Japan Insurance avec 4,0% et la Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ (navire amiral de Mitsubishi UFJ Financial Group) avec 2,2%, selon les médias japonais.

Jusqu’à présent, Dai-ichi est une société mutuelle détenue par ses quelque 8,2 millions de souscripteurs de polices d’assurance.

Cette forme juridique constitue un handicap dans un marché japonais de plus en plus étroit en raison du déclin démographique. Elle rend notamment très compliquée la réalisation de fusions et acquisitions.

En se transformant en société cotée, Dai-ichi espère gagner en flexibilité pour se développer à l’étranger et au Japon, pays où les analystes augurent une prochaine vague de consolidation dans le secteur de l’assurance-vie. “Avec les fonds qu’il lèvera sur le marché, Dai-ichi peut renforcer ses activités d’assurance-santé et retraite, qui devraient connaître une croissance soutenue au Japon où les services destinés aux personnes âgées ont un grand potentiel”, a expliqué Masahiko Mowa, analyste chez Moody’s. “Il sera également en mesure d’étendre ses activités à l’étranger. Si Dai-ichi réussit à tirer avantage de son introduction, ses rivaux pourraient lui emboîter le pas”, a-t-il prédit.

Dai-ichi est le numéro deux japonais de l’assurance-vie derrière Nippon Life Insurance, lequel reste une société sous forme de mutuelle.

Le prix fixé mardi se situe juste au milieu de la fourchette indicative (125.000-155.000 yens) annoncée par Dai-ichi début mars.

Cette introduction en Bourse géante est la bienvenue pour un marché tokyoïte en perte de vitesse face aux autres places asiatiques, notamment Shanghai. “Sur le long terme, cette introduction devrait réveiller le marché d’actions japonais et avoir un impact positif sur l’ensemble de l’économie japonaise”, a pronostiqué Hirokazu Fujiji, analyste chez Okasan Securities.

Tokyo, 27 mars 2010 (AFP)