Assurance vie : Moody’s salue la surveillance accrue du régulateur

Moody’s estime que la surveillance accrue du régulateur français sur les acteurs français de l’assurance vie est positive et de nature à améliorer leur résistance à une brusque remontée des taux, dans une étude publiée jeudi.

L’agence de notation met en avant l’appel du gouverneur de la Banque de France aux assureurs afin qu’ils fassent preuve de modération dans les rendements servis sur les contrats vie et la disposition de la loi Sapin II permettant de réguler les retraits d’argent en cas de grave crise. « Cet appel à baisser les taux servis, qui devrait permettre de préserver la discipline de marché, est de nature à avoir une incidence positive sur la qualité de crédit des assureurs », fait valoir Moody’s.

La question des taux bas est essentielle pour les assureurs. Les titres qu’ils acquièrent actuellement pour rémunérer les détenteurs de contrats d’assurance vie proposent de faibles rendements, très souvent inférieurs à ceux qu’ils servent en fin d’année aux épargnants. Pour maintenir des taux attractifs, le secteur se repose sur les obligations entrées en portefeuille au cours des années précédentes et qui affichent des taux supérieurs et sur les réserves qu’ils ont pu mettre de côté par le passé.

L’agence de notation souligne également que Sapin II « améliorera la capacité de résistance du secteur de l’assurance vie dans l’hypothèse d’une brusque remontée des taux d’intérêt ». La loi Sapin II pourrait permettre au Haut conseil de stabilité financière de « suspendre, retarder ou limiter temporairement » toute opération de retrait d’un épargnant, en cas de risques menaçant la stabilité du système financier. En l’occurrence, il s’agirait d’éviter que l’assuré retire – sauf cas exceptionnels – ses dépôts en cas de remontée soudaine des taux pour les réinvestir sur des placements mieux rémunérés.

Or, si les taux remontent, les anciennes obligations voient leur valeur baisser et la compagnie d’assurance qui les détient pourrait avoir du mal à faire face à ses obligations en tentant de les revendre.