Assurance vie : Impacts négatifs du relèvement des taux de la BCE pour les assureurs

La hausse des taux de la Banque Centrale Européenne devrait mener indirectement à un relèvement du taux du Livret A, en août prochain. L’assurance-vie ne bénéficiera pas en revanche de la hausse.

La remontée des taux de la BCE ne devrait pas avoir d’impact immédiat sur les livrets d’épargne réglementés. Ni sur la rémunération du Livret A ni sur les autres livrets d’épargne réglementés (LDD, LEP) qui sont indexés sur l’évolution de ce dernier. La formule mathématique de son taux de rémunération repose certes sur l’évolution du taux des marchés Eonia (taux au jour le jour) et Euribor 3 mois, qui sont traditionnellement directement influencés par le niveau du principal taux directeur européen.

Pour l’assurance-vie, l’impact est sans conteste beaucoup plus sensible. Ce n’est pas une bonne nouvelle et ce pour deux raisons.
D’abord, les placements des assureurs sont peu investis en produits monétaires : à fin 2010, ils ne représentaient que 6 % de leurs 1.680 milliards d’actifs. Le quart de point de rémunération supplémentaire n’aura donc qu’un effet marginal. Investis à hauteur de 33 % en obligations d’Etat, les assureurs sont bien plus sensibles aux mouvements des taux longs (qui ne sont pas nécessairement corrélés), toute hausse étant synonyme de meilleure rémunération, pour eux comme pour l’assuré.
Ensuite, la hausse des taux courts risque potentiellement d’accroître le différentiel de rémunération nette entre l’assurance-vie et les livrets d’épargne réglementés, au profit de ces derniers, même si l’effet n’est pas immédiat. Or, les épargnants y sont extrêmement sensibles.