Assurance non-vie britannique : Un niveau de risque intermédiaire

S&P Global Ratings considère que le niveau de risque porté par les assureurs non-vie anglais se situe à un niveau intermédiaire, soit le troisième meilleur niveau sur une échelle de six. Par comparaison, les marchés non-vie américain et japonais se situent au même niveau de risque, tandis que celui des assureurs non-vie français et allemands est considéré comme faible, soit le second meilleur niveau de l’échelle.

Cette évaluation intègre tant le risque pays que le risque propre aux activités d’assurance concernées. Le risque pays du Royaume-Uni est considéré comme faible, en dépit de l’issue du référendum de juin dernier sur la participation à l’Union Européenne. Le risque propre à l’industrie de l’assurance non-vie est en revanche modéré, du fait de barrières à l’entrée limitées mais aussi de la difficulté à maintenir un équilibre technique satisfaisant dans certains domaines, et non des moindres. L’assurance automobile, par exemple, reste un marché difficile, en particulier sur le segment de la clientèle de particuliers. Finalement, nous attendons une croissance modeste pour le marché dans son ensemble, compte tenu de sa maturité avancée. Ainsi, les primes encaissées par les assureurs non-vie représentent à ce jour environ 2 à 3% du produit intérieur brut, ce qui est un niveau élevé.

En dépit de cela, la rentabilité économique des assureurs non-vie reste satisfaisante. En témoignent un rendement sur fonds propres supérieur à 10% en moyenne au cours de cinq dernières années et un ratio combiné qui s’améliore graduellement pour atteindre un niveau inférieur à 98% en 2015, soutenu il est vrai par des relâchements de réserves supérieurs à la moyenne historique.
Le Royaume-Uni est modérément exposé au risque de catastrophes naturelles et l’occurrence d’évènements de cette nature prend généralement la forme de tempêtes ou d’inondations. Un mécanisme de protection nommé ‘Flood Re’ a d’ailleurs été introduit cette année afin d’assurer ce risque sur une base obligatoire et à un tarif modeste d’environ 10 livres par an et par police.

Enfin, nous estimons que le cadre institutionnel dans lequel évoluent les assureurs non-vie anglais est robuste, notamment en raison d’un environnement réglementaire exigeant. L’action efficace de la PRA (Prudential Regulation Authority) , organisme en charge de la supervision du secteur, a permis d’éviter la survenance de situation critique depuis le défaut de l’assureur Independent Insurance en 2001. Son intervention se caractérise notamment par un contrôle fréquent et efficace du niveau de solvabilité des assureurs, y compris en tenant compte d’hypothétiques scenari de stress.

Marc-Philippe Juilliard, analyste senior chez S&P Global Ratings