Tourisme : Coup de pression du gouvernement sur les assureurs

Un hôtel fermé en raison du coronavirus
Les lieux accueillant des touristes sont fermés en raison de la crise du coronavirus. (Photo : Anastasiia Chepinska)

Les organisations patronales de l’hôtellerie restauration négocient avec les assureurs, en vue d’un soutien renforcé de ces derniers à un secteur du tourisme dévasté par la crise sanitaire, a annoncé le gouvernement, qui faute d’accord, envisage de “légiférer”.

Le président de la République Emmanuel Macron a incité les assureurs “à faire plus et à faire mieux” pour aider le secteur du tourisme, lors d’une réunion à l’Elysée consacrée à la filière le 24 avril, a rappelé mardi le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne. Une négociation a été entamée depuis entre la Fédération française de l’assurance (FFA) et les organisations du secteur, Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), GNC (groupement national des chaînes hôtelières) et GNI (indépendants) portant notamment sur la compensation des pertes d’exploitation subies par les entreprises en raison du Covid-19, ont confirmé plusieurs sources.

Dans ce cadre la Banque publique d’investissement (Bpifrance) a été mandatée pour réaliser une estimation des pertes d’exploitation du secteur, “un travail précieux pour avoir un dialogue sérieux entre les acteurs de la filière et les assureurs”, selon M. Lemoyne. Au terme d’une réunion programmée le 11 mai, le gouvernement espère que sera trouvé “un accord entre les acteurs de la filière et les assureurs, faute de quoi la voie législative serait une option sérieuse”, a-t-il conclu, au sortir de la réunion téléphonique hebdomadaire du comité de filière touristique.

Le 14 mai, des mesures spécifiques de soutien au secteur, dévasté par l’arrêt de l’activité lié à huit semaines de confinement, doivent être annoncées, au terme d’un comité interministériel consacré au tourisme. Certaines banques remboursent en partie les pertes liées à l’épidémie de leurs assurés: le Crédit Mutuel, le Crédit Mutuel et sa filiale CIC – qui versent une prime exceptionnelle à leurs assurés professionnels – , le Crédit Agricole, à hauteur de 200 millions d’euros également, Société Générale, pour 11 millions.

BPCE verse 45.000 euros en moyenne à quelque 4.000 clients hôtels et restaurants, couverts pour les pertes d’exploitation en cas de fermeture administrative liée à une épidémie, soit 180 millions d’euros au total, et verse à ses assurés des Banques populaires et des Caisses d’épargne impactés par la crise, quelque 50 millions d’euros. De son côté MMA (groupe d’assurance Covéa) verse une “indemnité” allant jusqu’à 10.000 euros à ses assurés professionnels des secteurs “les plus touchés”, en plus des “dispositions contractuelles”.

Mais ces initiatives ont provoqué la colère d’autres assureurs, qui s’étaient échinés à convaincre responsables politiques et professionnels que les pertes d’exploitation liées au coronavirus, évaluées par la FFA à 60 milliards d’euros, étaient trop lourdes pour être prises en charge par l’assurance.

Le secteur a bénéficié de près de 2 milliards d’euros de reports de crédit auprès des banques, a précisé de son côté la Fédération bancaire française (FBF), elle aussi associée aux discussions.

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