Scor/Covéa : La réplique de Thierry Derez

Thierry Derez

Le PDG de l’assureur mutualiste Covéa, attaqué en justice avec son groupe par le réassureur Scor qui les accuse d’irrégularités dans le cadre d’une tentative infructueuse de rachat, a démenti samedi toute malversation et promis de répondre sur le terrain judiciaire.

“Cette procédure rassemble une flopée d’insinuations, mais tout cela est une mise en scène”, a déclaré Thierry Derez, PDG de Covéa, dans un entretien au Monde. “Bien entendu”, a-t-il répondu, interrogé sur son intention de répliquer en justice à la procédure lancée par Scor. Covéa, qui détient un peu plus de 8% de Scor, a lancé à la mi-2018 une offre de rachat sur le réassureur, suscitant la franche opposition de ce dernier. Il y a renoncé mardi en pleine séance de Bourse, de manière inattendue pour une telle annonce, faisant chuter le titre de Scor.

Dans la foulée, le réassureur a fait part de son intention de poursuivre Covéa et son PDG, les accusant d’“abus de confiance” en ayant, dans le cadre de leur tentative de rachat, détourné à leur compte des documents confidentiels sur la stratégie de Scor. Selon le Monde, qui relaie sur ce plan des informations des Echos, le réassureur accuse notamment M. Derez d’avoir subtilisé en juillet, juste avant l’offre de rachat par Covéa, un document interne évoquant un rapprochement entre Scor et son concurrent Partner Re, basé aux Bermudes.

“Absolument pas. J’ai laissé le document sur la table”, déclare M. Derez, assurant au passage que ce projet de rapprochement n’avait pas contribué à précipiter l’offre de Covéa. Il nie aussi avoir profité d’une évaluation confidentielle par BNP Paribas de la valorisation de Scor, disant que le niveau offert par Covéa – plus de huit milliards d’euros – ne se basait que sur “les fonds propres du groupe et sur son cours de Bourse”.

M. Derez, qui juge par ailleurs que Covéa n’a pas commis d’irrégularité boursière en annonçant mardi son renoncement en cours de séance, s’interroge aussi sur “l’attitude de Crédit Suisse”, qui a conseillé la tentative de rachat avant, selon lui, de mettre fin sans explication à leurs rapports. Deux autres banques, Barclays et Rothschild, qui ont respectivement financé et conseillé Covéa, sont aussi visées par des procédures de Scor, mais uniquement au civil.