Recommandation : Malakoff Humanis quitte d’autres branches

Malakoff Humanis
Le siège de Malakoff Humanis, rue Laffitte.

Malakoff Humanis poursuit sa politique de résiliation des accords de branche. Au moins cinq branches professionnelles sont concernées, selon nos informations.

Malakoff Humanis a décidé de faire le ménage dans son portefeuille. Le groupe de protection sociale se retire des accords de branche en santé et prévoyance de plusieurs secteurs. Comme nous l’annoncions en juin dernier, la résiliation concerne la branche de l’aide à domicile (BAD), les casinos de jeux et les établissements pour accueil d’adultes et enfants handicapés dite branche CNN 66.

Mais la décision de Malakoff Humanis de quitter la recommandation ne s’arrête pas là. D’autres branches sont également concernées comme la branche de l’enseignement privé catholique ou la branche des centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS).

La branche de l’enseignement privé catholique compte 5.000 structures et 100.000 salariés. Près de 90% des établissements ont adhéré au régime de branche en santé et 100% en prévoyance. La branche a renouvelé sa recommandation en 2021. A l’issue de l’appel d’offres, elle a recommandé 6 organismes en santé (Malakoff Humanis, Aésio, Uniprévoyance, Harmonie, Apicil et AG2R La Mondiale). En prévoyance, la branche a recommandé Uniprévoyance, AG2R La Mondiale, Apicil et Agrica. Pour la gestion, Harmonie gère ses propres contrats, CGRM gère les contrats d’Uniprévoyance et ceux d’AG2R La Mondiale, tandis qu’Aésio gère ses contrats ainsi que ceux de Malakoff Humanis.

Un taux de chargement insuffisant

« Nous sommes surpris de cette décision. Nous avons rencontré Malakoff Humanis en commission paritaire et les arguments avancés ne nous ont pas convaincus. Malakoff Humanis justifie sa décision en raison d’un niveau de frais insuffisant. Or, le taux de chargement est variable pour chaque régime. D’ailleurs, les régimes sont à l’équilibre, il y a des réserves et nous avons une connaissance approfondie du risque. Nous avons fixé un taux de chargement dans le contexte de renouvellement de la recommandation. Malakoff Humanis a postulé et accepté ces conditions, puis six mois plus tard, il décide de résilier, sans préavis de politesse. Nous sommes surpris de la méthode car Humanis était un partenaire historique de l’enseignement catholique », déclare Jean-René Le Meur, directeur des affaires sociales de la Confédération de l’enseignement privé non lucratif (CPNL).

Malakoff Humanis gère près de 10% des contrats de la branche de l’enseignement privé catholique. Suite à sa décision de quitter l’accord de branche, les contrats de Malakoff Humanis resteront dans la mutualisation. Les autres organismes recommandés reprendront le portefeuille de Malakoff Humanis d’ici la fin de l’année. « Malakoff Humanis nous a dit qu’il ne ferait pas d’offre concurrentielle car il ne souhaite pas conserver le portefeuille. Pour un acteur paritaire, il serait malvenu de faire une offre concurrentielle et d’attaquer une branche », déclare Jean-René Le Meur.

La question du taux de chargement des régimes de branche est au cœur des différences entre assureurs et partenaires sociaux ces dernières années. « Dans certaines branches, il y a beaucoup d’entreprises de petite taille à aller chercher. Quand le taux de chargement s’élève à 11 ou 12%, mais que les frais réels atteignent 15%, l’assureur perd de l’argent. Les branches acceptent d’augmenter progressivement le taux de chargement. Par exemple, le récent accord sur la branche de la métallurgie prévoit un taux de chargement de 16,5%. Les partenaires sociaux ont compris l’intérêt de proposer un taux de chargement en phase avec les coûts réels », commente un concurrent.

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