Réassurance : Des hausses très ciblées pour un marché en transformation

Le marché de la réassurance a absorbé 50% des 100Mds de dollars de pertes assurables sur 2011. Les hausses de tarifs sont très ciblées, en fonction des zones, des clients et des portefeuilles, signe d’une relative transformation du marché selon le courtier en réassurance Willis Re.

Quelques semaines après Guy Carpenter (voir notre article sur le sujet), Willis Re, autre courtier en réassurance, a publié un rapport sur les renouvellements du 1er janvier. Les catastrophes naturelles, dont le montant a dépassé les 100Mds de dollars dont plus de la moitié a été supportée par la réassurance, pèsent dans les tarifs. Les zones non sinistrées ont connu des tarifs plus stables.

Sans surprise, les zones qui ont été les plus affectées par les événements naturels en 2011 sont celles qui connaissent les plus forte hausses tarifaires. L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont en premières lignes. Ainsi, selon Willis Re, les tarifs en réassurance de biens ont augmenté de 40 à 75% pour l’Australie et de 80 à 150% pour la Nouvelle-Zélande, où le séisme de Christchurch a été l’événement le plus marquant. L’île voisine a quant à elle subit des inondations importantes l’an passé.

Autre fait marquant, c’est l’Asie qui a marqué « le tournant dans le cycle de la réassurance global » écrit le courtier dans son rapport. Alors que ce sont traditionnellement la saison des ouragans aux Etats-Unis qui marquent la tendance en Cat’ Nat’, 2011 aura vu l’Asie prendre le devant du fait de catastrophes ayant entraîné des pertes financières, matérielles et humaines importantes.

Aux Etats-Unis les signatures de janvier ont « progressé vers des hausses en ligne avec les renouvellements de la mi 2011 (une part importante des renouvellement en réassurance est faite en juillet, ndr) mais avec des différenciations entre les clients et les portefeuilles » explique Peter C. Hearn, président de Willis Re en introduction du rapport.

Enfin, l’Europe a été relativement épargnée par les catastrophes et les programmes de réassurance n’ont pas été revu à la hausse. Les lignes catastrophes naturelles ont vu les prix augmenter, mais bénéficient de l’arrivée de nouveaux capitaux et de nombreux acteurs qui tendent à lisser les hausses tarifaires. Le rapport note toutefois pour le marché français que certains acteurs bermudiens ont été déçus de la stabilité des prix et se retirent du marché local, laissant la place aux réassureurs européens.

Même le modèle RMS version 11, dont nous avions déjà beaucoup parlé, n’a pas eu d’effet sur les courbes de réassurance affirme le rapport qui considère qu’il a été « livré trop tard pour être pris en considération pour ces renouvellements ».

Reste que la réassurance peut s’appuyer sur de fortes capacités, évaluées à 450Mds de dollars à la fin du troisième trimestre 2011. Les hausses tarifaires, selon le courtier, proviennent de « problématiques de revenus ». Au final, le marché se transforme bien vers une segmentation plus pointue. Les réassureurs, pour qui les tarifs sont dictés par « l’historique individuel de perte », veulent éviter « les expositions ‘surprises’ comme ce fut le cas avec les inondations en Thaïlande en demandant plus de transparence sur les données ou en limitant les expositions à des niveaux gérables ».