Ondam : La progression de 2,7% en 2013 s’accompagnera de réformes du financement de la protection sociale

La progression des dépenses de santé, limitée à 2,7% en 2013, représente un « effort considérable » selon la ministre de la Santé. Marisol Touraine annonce des « réformes de structure » quant au financement de la protection sociale.

La progression des dépenses de l’assurance maladie sera limitée à 2,7% en 2013 selon un rapport du ministère du Budget, annexé aux mesures rectificatives du budget 2012 présentées mercredi en conseil des ministres. Une augmentation loin de son rythme annuel moyen de 4%.

Par ailleurs, le gel de l’Ondam (Objectif national des dépenses de l’assurance maladie) est maintenu en 2012 avec une progression de 2,5%. Durant sa campagne, François Hollande avait pourtant jugé réaliste une augmentation annuelle de 3%.

En cause, l’augmentation du coût de la prise en charge des maladies de longue durée (ALD) et le vieillissement de la population, qui obligera le gouvernement à faire plus de 2Mds d’euros d’économies. Cette rigueur devrait impacter les laboratoires pharmaceutiques, qui pourraient être mis à contribution.

4,6Mds d’euros supplémentaires

La ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a affirmé mercredi à l’AFP que la progression des dépenses maladies prévue par le gouvernement représentait « un effort considérable par rapport à la politique des dernières années », estimant que cette hausse représentait 4,6Mds d’euros supplémentaires.

 « Nous ne sommes pas dans une logique de restriction mais d’innovation pour permettre à notre système de santé d’affronter les défis auxquels il est confronté », a-t-elle martelé.

« Investir dans la santé »

« Le choix que je fais, et ce que j’ai obtenu du Premier ministre, c’est de fixer un objectif à 2,7% pour bien marquer notre volonté d’investir dans la santé, autour de la médecine de proximité, autour de l’hôpital public, autour de l’innovation, de la recherche qui sont menées à l’hôpital public », a expliqué Mme Touraine.

La ministre a également déclaré travailler à compléter cet engagement financier par des financements innovants, pour les projets immobiliers des établissements hospitaliers. « Il faut trouver des financements par exemple en faisant appel au grand emprunt », a-t-elle ajouté.

Contribution de revenus du capital au financement de la protection sociale

Par ailleurs, Marisol Touraine a insisté sur la nécessité de mettre en place des réformes de structure : « notre système social ne tiendra pas dans la durée ». Parmi ces réformes, La principale touche à l’évolution du mode de financement de la protection sociale, la Sécurité sociale étant alimentée par les cotisations que payent les salariés et les employeurs. Le gouvernement compte ainsi ajouter une contribution des revenus du capital, « pour que ce ne soit pas simplement le travail qui vienne alimenter notre protection sociale. »

D’autres mesures devraient être mises en place concernant le système de santé. François Hollande avait, durant sa campagne, évoqué « d’autres prélèvements, notamment sur l’ensemble de la richesse produite et sur les émissions de CO2 ». A l’heure actuelle, les déficits de la protection sociale restent préoccupants : rien que pour le régime général, l’assurance maladie affichait fin 2011 un solde négatif de 8,6Mds, la branche retraites de 6Mds, la branche famille de 2,6Mds.

(Avec AFP)