Jean-Luc de Boissieu candidat “mutualiste” pour la vice-présidence de la future autorité de contrôle prudentiel (ACP)

En attendant la mise en place définitive des textes législatifs et réglementaires sur la fusion des instances de surveillance de la banque et de l’assurance, la Mutualité française et le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (GEMA) ont décidé de proposer un candidat commun au poste de vice-président de cette nouvelle autorité de contrôle prudentiel.

Présidée par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, l’ACP comptera un vice-président « disposant d’une expérience professionnelle en matière d’assurance ». Un collège plénier de 16 membres et deux sous-collèges sectoriels, l’un pour la banque et l’autre pour l’assurance, constitueront les organes de décision. Parmi les 16 membres, 4 devraient être choisis dans le secteur de l’assurance.

La candidature de Jean-Luc de Boissieu, actuel secrétaire général du Gema, au poste de vice-président vient d’être annoncée. Sa double qualité de professionnel de l’assurance et d’ancien haut fonctionnaire, lui confère, selon le Gema et la Mutualité française, la compétence et la neutralité nécessaires pour exercer avec autorité cette importante fonction.

De son côté, Jean-Philippe Thierry, ancien membre du directoire d’Allianz, avait fait connaître sa candidature auprès du gouvernement il y a déjà quelques temps. Grand favoris pour le poste, son profil « d’assureur capitaliste » n’avait pourtant pas fait l’unanimité parmi les mutualistes. A quelques jours de la nomination, tout laisse donc à penser que la candidature de Jean-Luc de Boissieu viendrait « concurrencer » celle de l’ancien patron d’AGF. En effet, il semblerait que si le secrétaire général du Gema postule, c’est dans le but de faire valoir l’importance des mutuelles face aux « assureurs côtés » aux mœurs libérales. Interrogé par nos soins, Jean-Luc de Boissieu n’a pas souhaité s’exprimer sur la question.

Quoiqu’il en soit, l’ordonnance créant l’autorité de contrôle et d’agrément commune aux secteurs de la banque et de l’assurance sera présentée demain en Conseil des ministres, a indiqué vendredi dernier la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, à l’occasion de ses vœux à la presse.