Indicateur : Euler Hermes dresse le portrait d’une France “un cran en dessous”

Heuler Hermes

Euler Hermes, leader mondial de l’assurance-crédit, a publié mardi une étude soulignant un “écart de dynamique industrielle” entre la France d’une part, et l’Europe et les États-Unis d’autre part.

Le groupe, qui établit un indice de dynamique industrielle au travers de 6 secteurs clés de par leur poids et leurs performances dans l’économie française, juge que “la France n’a pas pu profiter en 2013 du début de rétablissement de ses voisins européens et reste ainsi à la traîne.”

“La tendance de fond demeure négative pour la majorité des grands secteurs industriels de l’économie française. Les États-Unis ont continué de creuser l’écart, sauf pour l’aéronautique, qui fait encore figure d’exception”, selon Nicolas Delzant, président du directoire d’Euler Hermes France, cité dans un communiqué.

Ludovic Subran, directeur de la recherche de l’assureur-crédit, précise lui à l’AFP qu’en “2010 la France s’est fait prendre des parts de marché par l’Asie, et aujourd’hui, avec la reprise de la zone euro, le risque est d’en perdre au profit par exemple de l’Espagne dans l’industrie, et de l’Allemagne dans les services”.

“Il y a le risque d’un cannibalisme à l’intérieur de la zone euro”, assure-t-il, précisant: “Nous estimons à 19 milliards d’euros le surcroît de demande extérieure adressée à la France en 2014 et mon inquiétude, c’est de savoir si la France est capable de la capter”.

Pour 2014, “la situation se stabilise (…) mais la France serait toujours un cran en dessous de l’Europe et des États-Unis, et le secteur du BTP reste fragilisé”, conclut-il. Plus généralement, Euler Hermes a livré son appréciation des risques attachés aux divers secteurs d’activité dans le monde entier.

L’assureur-crédit note une “inversion de tendance”, c’est-à-dire qu’il a constaté “davantage d’améliorations que de dégradations du risque sectoriel dans le monde”, mais dans le même temps, il “faudra un certain temps pour observer un impact sensible de la croissance économique mondiale sur les résultats nets des entreprises de toute taille, tous secteurs confondus, notamment dans une Europe encore fragile”.

Dans les secteurs les plus “à risque”, Euler Hermes classe le textile, la construction, et le transport aérien. Au contraire, la chimie, la pharmacie et l’industrie alimentaire conservent “les profils de risque les plus favorables”.

Par zone géographique, Euler Hermes estime qu’en Amérique du Nord “la crise semble bel et bien terminée”, et que l’Asie-Pacifique reste la région “présentant le niveau de risque sectoriel le plus faible en 2014”, même si elle fait face à des défis importants.

Le jugement est nettement moins favorable pour l’Europe, où la reprise est qualifiée par Euler Hermes de “trop limitée” pour bénéficier à tous les secteurs d’activité, ainsi que pour l’Amérique latine, qui souffre d’une absence de dynamisme économique ainsi que de “nouveaux signes de vulnérabilité dans certains pays”.