Edito : Les années bissextiles ne réussissent pas toujours à l’assurance

Cela n’aura échappé à personne, en cette année 2016 et bissextile, le mois de février compte 29 jours. Une journée d’activité et donc une journée de cotisations supplémentaires serait-on tenté de penser. Si l’on prend comme base le chiffre d’affaires réalisé par le secteur en 2015 sur le périmètre AFA, une journée de cotisations représente quelque 569.862.720 euros. Une paille sur 208Mds mais qui pourrait offrir un petit matelas au secteur.

Pourtant, les années bissextiles, tout du moins les deux dernières, n’ont pas toujours profité au secteur. En 2008, la FFSA qui regroupe alors « 254 entreprises représentant 90% du marché français de l’assurance » selon son rapport annuel, publie un chiffre d’affaires de 193,3Mds d’euros en baisse de 6,4% par rapport à 2007. Le tout nouveau président de la Fédération, aux manettes depuis le 1er octobre 2008, un certain Bernard Spitz, s’en explique : « La crise économique et financière que nous traversons actuellement n’a épargné aucun secteur d’activité. (…) De ce choc, l’assurance française n’a pu sortir indemne ».

Quatre ans plus tard, l’histoire se répète, le chiffre d’affaires du secteur perd 4% par rapport à 2011 après avoir déjà perdu 9% par rapport à 2010. Cette fois-ci, la raison est à chercher du côté des assurances de personnes et plus particulièrement de l’assurance vie en décollecte de 6,3mds d’euros. « En 2012, le secteur de l’assurance a été triplement touché. D’abord par une fiscalité lourde qui pénalise son développement, ses investissements directs ou indirects dans l’économie et sa compétitivité. Touché ensuite, pour la première fois de son histoire, par une collecte nette d’assurance vie négative, les Français ayant été incités à privilégier l’épargne de précaution au détriment de l’épargne de long terme. Touché enfin par la menace d’une réglementation européenne court-termiste pesant sur les fonds propres des entreprises d’assurances », lance Bernard Spitz en préambule du rapport annuel de la FFSA. Cette année-là, le gouvernement augmentait en effet le plafond des livrets d’épargne.

Alors si d’aventure les résultats de l’assurance devaient se contracter en 2016, ce que nous ne souhaitons évidemment pas, quelle pourrait en être la raison ? La loi Hamon, sur le thème de « on vous l’avez bien dit ». A moins que ce ne soit en raison, une nouvelle fois, d’une désaffection des Français pour l’assurance vie effrayés à l’idée de placer leur épargne dans des unités de compte en cette période de forte volatilité des marchés financiers et incités à délaisser les fonds euros. Car rappelons-le, l’activité vie et capitalisation pèse pour 65% dans le chiffre d’affaires du secteur. Autant dire que quand la vie tousse, c’est tout le secteur qui s’enrhume.