Edito : De la dette privée à la dette publique ?

Alors que le soleil et les coquillages vous (nous) appellent, il semblerait que de nombreux pays vous (nous) appellent également. Au secours.

Comment, en deux ans, les économies mondiales se sont elles si facilement mises en danger ? Comment les agences de notation, qui se contentaient de se faire des ennemis dans les sociétés qu’elles analysaient ont fini par se faire détester des gouvernements ?

Certains points de vue mettent en avant la promiscuité de l’État et de l’Économie. Quand en 2008 par exemple, les gouvernements ont volé au secours des banquiers endettés et que cette manœuvre est revenue à gonfler la dette publique par un simple transfert.
Mais les banques ont remboursé, avec les intérêts, assez rapidement leurs dettes.

D’autres mettent en cause cette gestion très keynesienne de la crise et cette prétendue relance par la consommation, les liquidités déversées sur les marchés pour faire tenir l’économie, et l”emploi et donc, in fine, la consommation des ménages.
Mais c’est l’inflation qui a augmenté sans pour autant améliorer les richesses engrangées, lissant tout de même les effets de la crise économique.

Enfin, certains admettent que la politique et l’économie ne font pas bon ménage. Depuis 2008, toujours, les dirigeants réunis en G (de 8 à 20, sans compter les G informels ou les Groupements d’intérêts (purement) économiques à quelques uns), ont promis beaucoup de régulation, du plafonnement des bonus à des mesures pour limiter les risques systémiques.
Mais finalement, rien n’a été fait et le secteur de l’assurance en est la meilleure preuve.

Car à cette volonté politique, tenable pour un mandat à renouveler, s’oppose une pratique des affaires ancrée dans la vie économique quotidienne depuis au moins aussi longtemps que la Grèce est endettée.

Comment des dirigeants qui se réunissent tous les 6 mois peuvent imposer une réforme accouchée en 4 ans à des marchés qui tournent 24h/24, se déplaçant à la vitesse d’un clic de souris ?
Comment un homme dont le métier est de gagner de l’argent avec de l’argent peut-il être accusé de tous les maux par ceux dont le métier est de gagner une élection (de gagner du pouvoir avec du pouvoir) ?

Un gouvernant peut-il dire à un peuple que des mesures drastiques et impopulaires prises aujourd’hui serviront le pays dans 10 ans ? Non, il perdrait son poste.
Un dirigeant d’entreprise peut-il dire à ses salariés que des mesures drastiques et impopulaires prises aujourd’hui serviront l’entreprise dans 10 ans ? Oui, il conserverait son poste.

Car certains rendent des comptes sur les comptes personnels des électeurs, d’autres, sur ceux de l’entreprise. Et vous voulez que tout le monde s’entende ?