Dissolution en vue pour le pacte sur Intesa de Generali et du Crédit Agricole

L’assureur italien Generali et la banque française Crédit Agricole vont dissoudre leur pacte d’actionnaires concernant la banque Intesa Sanpaolo afin d’éviter à cette dernière une lourde amende, affirme mardi le quotidien Il Sole 24 Ore.

« Le Crédit Agricole et Generali s’apprêtent à dissoudre le pacte de consultation portant sur 11% d’Intesa Sanpaolo », assure le quotidien, citant des sources parmi les représentants légaux. Generali s’est refusé à tout commentaire. L’autorité italienne de la concurrence a lancé en mai une procédure à l’encontre d’Intesa Sanpaolo portant sur le pacte d’actionnaires signé en avril entre le Crédit Agricole et Generali qui détiennent respectivement 5,8% et 5,07% de la banque italienne car il ne garantissait pas “la nécessaire indépendance” entre le Crédit Agricole et Intesa Sanpaolo.

Elle doit rendre sa décision le 22 février. Intesa pourrait se voir infliger une amende comprise entre 500M et 5Mds d’euros dans cette affaire. Elle risque cette sanction car elle s’était engagée elle-même vis-à-vis de l’autorité à ce que le Crédit Agricole réduise sa participation et n’intervienne pas dans la gouvernance en échange du feu vert à la fusion entre Banca Intesa et San Paolo Imi qui a donné naissance fin 2006 à Intesa Sanpaolo.

L’Antitrust avait étendu début janvier sa procédure en y incluant le non respect par le Crédit Agricole de l’engagement à descendre sous les 2% du capital de la banque italienne. Selon Il Sole, le Crédit Agricole et Intesa Sanpaolo pourraient demander à l’autorité de la concurrence d’autoriser un gel des droits de vote de la banque française et une dépréciation de sa participation portant sur la part au-dessus des 2%.

En échange, selon les sources citées par Il Sole, le Crédit Agricole pourrait obtenir d’Intesa Sanpaolo une « compensation indirecte » à savoir un échange d’actifs. Le Crédit Agricole pourrait ainsi mettre la main sur des actifs d’Intesa en Italie et Intesa pourrait obtenir des actifs de la banque française.

MILAN (Italie), 2 fév 2010 (AFP)