Chronique : Quelles perspectives pour l’assurance en Belgique en 2017 ?

La rentabilité du marché belge de l’assurance vie est historiquement inférieure à celle de la plupart des pays voisins, et nous nous attendons à ce qu’il en soit de même en 2017. Les performances sont néanmoins satisfaisantes en assurance dommage.

En assurance-vie, les marges d’investissement continuent à se comprimer, les taux d’intérêt restant bas, tandis que les coûts sont stables malgré la baisse des primes. Nous estimons que le bénéfice d’exploitation de l’assurance-vie a baissé de 70% en 2015 à environ 200 millions d’euros et nous prévoyons une rentabilité globale tout juste positive en 2017. Les polices d’assurance en unité de compte, bien plus rentables, représentaient moins de 20% des primes en 2015 et devraient croitre au même rythme qu’en 2015 (+4%).

En contrepartie, les assureurs ont continué de réduire les taux de garantie sur les contrats d’assurance-vie traditionnels (branche 21). En 2016, nous estimons que les principaux assureurs en Belgique ont abaissé les taux garantis moyens à environ 1% sur les nouvelles primes d’assurance collectives et moins de 1% sur les nouvelles affaires individuelles.

Selon nous, le marché de l’assurance-vie restera stable en termes de volumes en 2017. Certains acteurs majeurs (groupes d’assurance étrangers et groupes d’assurance locaux en difficulté), sortis du segment garanti individuel, seront remplacés par d’autres acteurs locaux. Les volumes globaux seront soutenus par des produits mixtes garantis et en unité de compte, et des produits d’investissement à court terme.
En assurance-dommage, la rentabilité devrait rester satisfaisante. Nous prévoyons un ratio combiné moyen de 97% pour 2017, en ligne avec la moyenne de 96,7% pour les cinq dernières.

Le ratio combiné est resté bon en 2016, en dépit de l’impact des tempêtes hivernales et des attaques terroristes. Cela s’explique notamment par une bonne performance technique ainsi qu’une couverture d’assurance plus complète contre les catastrophes naturelles. Par ailleurs, le Pool de réassurance et d’assurance du terrorisme, par l’intermédiaire desquelles les compagnies d’assurance mutualisent les coûts des sinistres liés au terrorisme, a contenu le coût des attaques terroristes de mars 2016.

Toutefois, les tempêtes hivernales pourraient impacter la rentabilité à l’avenir, comme en témoignent certains pics du ratio combiné au cours des dernières années.

Nous estimons que la croissance des volumes en assurance dommage continuera de refléter la croissance du PIB belge à long terme d’environ 1,5% par an, compte tenu du niveau élevé du taux de pénétration de cette activité.

Taos Fudji
Analyste Senior
S&P Global Ratings