Chronique : ESG, des enjeux importants dans la notation financière

developpement durable ecologie environnement
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Et le secteur de l’assurance ne fait pas exception !

Les facteurs ESG englobent une myriade de risques (et d’opportunités). Ceux liés à la gouvernance existent depuis très longtemps sous différentes formes. Les risques sociaux et environnementaux, eux, ne sont pas nouveaux mais ont pris de l’importance récemment, avec l’évolution de la réglementation et des attentes des consommateurs. Entre juillet 2016 et juillet 2018, nous avons recensé près de 150 changement de notations ou de perspectives liés aux facteurs ESG, à l’échelle mondiale et tous secteurs confondus. 65% d’entre eux étaient imputables à la gouvernance.

Notre analyse va au-delà des phénomènes relatifs au climat, étant donné que la plupart des modèles d’affaires d’assurance sont, par définition, exposés aux catastrophes naturelles (assurance habitation, dépenses médicales, etc.). Ainsi, nous cherchons également à anticiper les coûts additionnels qui résulteraient de l’incapacité des assureurs à faire face à des investissements impactés par des problèmes environnementaux. Par ailleurs, pollution, températures croissantes, pluies torrentielles et sècheresses peuvent également poser des problèmes de santé, par exemple avec la réduction de la qualité et des ressources alimentaires et, potentiellement, un accroissement de la mortalité.

Les facteurs sociaux sont liés aux interactions entre une entreprise, ses parties-prenantes et la société. Un turnover anormalement élevé (en particulier de personnel-clé) et l’efficacité du dialogue social sont les traditionnels points d’attention. A cela s’ajoute l’évolution des préférences et priorités des consommateurs, que la technologie et les réseaux sociaux exacerbent, transformant rapidement la dynamique de nombre d’industries. Plus spécifiquement, dans le secteur de la banque et de l’assurance, les facteurs sociaux concernent entre autre la qualité des politiques commerciales, avec en ligne de mire la pratique de vente abusive. Nous pensons que les régulateurs et les consommateurs sont de moins en moins tolérants face à ces comportements.

Enfin la qualité et l’efficacité de la gouvernance se mesurent par la composition du conseil d’administration, ses valeurs et sa transparence. Notre évaluation met l’accent sur l’équilibre entre autorité, supervision indépendante, connaissance des risques à tous les niveaux, la qualité du contrôle interne et des fonctions de gestion des risques.

Nous incorporons ces considérations dans nos critères de notation, afin de prendre en compte les impacts qualitatifs et quantitatifs, de court, moyen et long termes dans les analyses de solvabilité des émetteurs notés.

La surveillance des facteurs ESG est régulière, au même titre que tous les autres facteurs pertinents à l’analyse crédit des entités que nous notons.

Charlotte Chausserie-Laprée
Analyste sénior chez S&P Global Ratings