Assurance vie : Un produit mal maîtrisé par les Français selon la CLCV

INFOGRAPHIE – Ce mardi 28 novembre, l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV), dévoilait une étude sur l’assurance vie. Deux constats s’imposent. Les Français ne maîtrisent pas tous le produit. Et l’écart entre les rendements servis est particulièrement important selon les acteurs.

L’assurance vie est le produit d’épargne préféré des Français a-t-on coutume d’entendre. Avec un encours de plus de 1680Mds d’euros et quelque 36 millions de contrats souscrits, il est en effet largement répandu. Pour autant cette diffusion masque une méconnaissance de ses mécanismes. Dans son étude, la CLCV relève que seuls 72,4% des titulaires d’un contrat d’assurance vie ont été capables de cocher la bonne réponse quand on leur a demandé la définition du produit (je verse de l’argent pour moi si je suis en vie ou pour le(s) bénéficiaire(s) désigné(s) si je décède). Un chiffre qui descend à 58,5% pour les non titulaires.

La confusion semble naître de la proximité linguistique avec l’assurance décès, 12% des personnes interrogées ayant coché la case : « Je verse l’argent, à fonds perdus, pour qu’en cas de décès, le bénéficiaire désigné perçoive un capital défini dès l’origine ».

Même défaut d’information sur la nature du contrat. 25% des souscripteurs ne savent pas indiquer si leur contrat est monosupport ou multisupport. Plus surprenant, 22% des assurés ne savent pas si des frais de gestion sont appliqués à leur contrat. Ils sont même 18% à affirmer ne pas en subir, « alors que l’absence de tels frais est rarissime sur la place », précise l’association de consommateurs.

En revanche, les atouts du contrat sont clairement identifiés. Avant 60 ans, la préparation de la retraite est mise en avant. Après, la transmission du patrimoine est l’objectif principal des assurés. Et quelle que soit la classe d’âge la fiscalité est largement citée par les assurés comme principal avantage.

Gare à la promesse des UC

L’autre enseignement de l’enquête menée par la CLCV concerne les niveaux de rendement. A ce jeu, les banquiers figurent parmi les moins rémunérateurs comparativement aux autres acteurs (assureurs, mutuelles…). Sur 8 ans, les premiers ont ainsi servi en moyenne 22,62%, contre 27,96% pour les assureurs vie et les mutuelles. « Dans le classement de tête, nous retrouvons notamment des contrats distribués par des courtiers et des associations alors qu’en fin de tableau, les banques sont plus présentes », souligne l’association.

Cette dernière met par ailleurs en garde contre la tendance générale à la mise en avant des unités de compte. « La place, y compris le régulateur, encourage les épargnants à réorienter leurs investissements du fonds en euros vers des unités de compte. L’argument présenté est celui d’un surcroît de rentabilité mais c’est oublier les inconvénients de cet actif. Le client perd sa garantie en capital, il paie plus de frais de gestion et s’il investit dans un support peu risqué, contenant un part importante d’obligations, il récupère le risque de taux, assumé par l’assureur sur le fonds en euros », prévient-elle.

Elle note ainsi que les frais de gestion pour les contrats commercialisés en euros s’établissent en moyenne à 0,70%, contre 0,81% pour les contrats en unités de compte.