Assurance-vie allemande : réforme de la ZZR

Olaf Scholz, ministre allemand de l'Economie et des Finances

Après d’intenses discussions avec le secteur allemand de l’assurance-vie, le ministère des Finances allemand a proposé le mois dernier une nouvelle méthode de calcul de la réserve supplémentaire Zinszusatzreserve (ZZR).

La ZZR est une réserve introduite en 2010 que les assureurs-vie allemands ont l’obligation de doter pour faire face à leurs engagements futurs sur les produits à taux garantis dans un environnement de taux bas.

La nouvelle méthode de calcul de la ZZR s’appliquera dès la fin de 2018. Selon la méthode de calcul en vigueur jusqu’à cette date, les assureurs-vie allemands doivent doter la ZZR de façon disproportionnée par rapport à leurs engagements et à la trajectoire des taux d’intérêts. Pour constituer cette réserve les assureurs doivent vendre une part de leurs obligations avec des coupons élevés pour en réaliser les plus-values ; par conséquent, les assureurs ne pourront plus bénéficier des coupons de ces obligations. Selon nos estimations, la méthode de calcul actuelle aboutirait à une réserve de plus-values latentes nulle sur les obligations en 2020. Fin d’année 2017, les plus-values latentes sont passées sous le niveau de 100 milliards d’euros pour le secteur de l’assurance-vie et cette tendance devrait se poursuive avec la hausse des taux d’intérêts.

Après la fin 2018, avec la nouvelle méthode de calcul, la dotation de la ZZR pour les assureurs-vie devraient considérablement diminuer, pour atteindre environ 6 à 8 milliards d’euros en 2018, contre environ 24 milliards d’euros avec la méthode actuelle. La dotation requise pour chacune des trois à cinq prochaines années devrait également se réduire significativement et les assureurs devraient ainsi pouvoir conserver une partie de leurs obligations avec des coupons élevés.

La nouvelle méthode réduira également le nombre d’assureurs ayant besoin de financement au titre des projections de Solvabilité II et contribuera probablement à améliorer les performances financières et les ratios de solvabilité des assureurs vie allemands. Cependant, S&P Global Ratings estime que cette réforme n’aura pas d’impact positif sur la notation financière des assureurs. Bien que dans une moindre mesure, les assureurs-vie allemands continueront de financer cette réserve tandis qu’ils font face à des défis tels que le financement de garanties relativement élevées souscrites au cours des dernières décennies par des rendements d’investissement modérés.

Taos Fudji
Directeur
S&P Global Ratings