Acquisition : Les autorités australiennes rejettent l’offre de la banque NAB sur Asia Pacific Holding

L’autorité australienne de la concurrence a rejeté jeudi l’offre de National Australia Bank (NAB), à hauteur de 12,2 milliards de dollars américains, pour la reprise d’Axa Asia Pacific Holding (Axa APH), filiale d’Axa, un sérieux revers pour l’assureur français.

L’autorité de la concurrence australienne (ACCC) a estimé que la proposition de NAB de se séparer de certains actifs, après un premier rejet de la transaction en avril, ne suffisait pas à lever les craintes concernant des risques de position dominante en Australie dans la gestion d’actifs. “Les différentes propositions formulées par les parties en présence n’offrent pas une garantie suffisante de répondre aux inquiétudes de l’ACCC”, a déclaré le président de l’autorité de la concurrence, Peter Kell.

Par cette transaction annoncée en mars, NAB souhaitait acquérir 100% d’Axa APH, dont elle comptait céder à Axa 100% des activités asiatiques pour garder, pour l’essentiel, les activités australiennes et néo-zélandaises.

L’ACCC avait bloqué l’opération en avril mettant en avant un risque de position dominante de NAB, quatrième banque australienne, dans la gestion d’actifs en Australie. Le régulateur avait accepté de réexaminer la situation si Axa APH se séparait de sa plateforme d’investissement North et la cédait au groupe de services financiers IOOF Holdings Limited.

Mais, jeudi, le régulateur a indiqué qu’une “majorité” des acteurs de l’industrie consultés s’inquiètent encore du fait que la cession de North “n’offre pas les conditions d’une concurrence efficace”. Selon le régulateur, la proposition repose de façon trop importante sur la propension de certaines parties à mener à bien “certaines actions, et implique des obligations complexes et qui présentent des risques à long terme”.

Tous ces facteurs réunis “soulèvent une incertitude considérable”, selon l’ACCC. Même sans North, les analystes ont estimé que les plateformes combinées de NAB et Axa APH représentaient plus de 25% du marché.

L’opération devait permettre à Axa de ne conserver, au final, qu’une partie des actifs d’Axa APH, dont il détient aujourd’hui 53% du capital, le reste passant sous le contrôle de NAB. Axa souhaite ainsi se désengager de Nouvelle-Zélande et d’Australie pour se concentrer sur l’Asie, où il est encore peu présent en assurance vie et en épargne.

C’est une sérieuse déconvenue pour l’assureur français, embourbé dans cette opération depuis dix mois. Plusieurs analystes se sont déjà inquiétés de cet enlisement.

Reste la piste de la société de gestion australienne AMP, qui avait formulé une proposition de rachat des activités asiatiques d’Axa APH début novembre 2009, avant que NAB ne soumette une contre-proposition intégrant une composante en numéraire plus importante. Une porte-parole d’AMP a indiqué jeudi qu’une nouvelle offre sur Axa APH relevait “d’une décision qui sera prise un autre jour”, tout en rappelant qu'”AMP a toujours dit qu’Axa APH demeure attractif, mais au juste prix”.

L’ACCC a rappelé dans le document publié jeudi qu’elle considérait que l’offre initiale d’AMP ne présentait pas de risque en termes de concurrence.

Le titre Axa APH a très mal réagi à l’annonce et abandonnait près de 9% à la Bourse de Sydney jeudi.

Sydney, 9 sept 2010 (AFP)