Marché / Assurance : Axa en ordre de marche pour se développer dans l’assurance vie en Asie

Après plus d’un an d’incertitudes sur le destin de sa filiale régionale, l’assureur français Axa va se recentrer dès 2011 en Asie sur ses activités d’assurance vie, en plein essor, et se désengager d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

Axa a annoncé lundi avoir trouvé un accord avec la compagnie australienne d’assurances et de gestion de patrimoine AMP sur le partage de sa filiale Axa Asia Pacific Holdings (Axa APH), spécialisée dans les produits d’assurance vie.

Dans un premier temps, AMP et Axa APH fusionneront, puis dans un second AMP cèdera les activités asiatiques d’Axa APH à Axa pour ne rester qu’en Nouvelle-Zélande et en Australie. L’assureur français, qui détient actuellement 53,9% d’Axa APH, sera le seul maître à bord concernant ses activités asiatiques, ne dépendant plus des actionnaires minoritaires australiens, qui détiennent une minorité de blocage.

Selon les termes financiers, annoncés le 15 novembre, AMP propose 6,43 dollars australiens par action, en cash ou en action AMP, pour racheter Axa APH, la valorisant 13 milliards de dollars australiens (9,3 milliards d’euros).

Le vote des actionnaires d’Axa APH devrait intervenir fin mars 2011, pour une conclusion de l’opération au début du deuxième trimestre.

L’opération ayant déjà obtenu le feu vert des autorités de la concurrence australienne et néo-zélandaise, il reste à obtenir l’accord d’organes gouvernementaux australiens et néo-zélandais ainsi que de régulateurs asiatiques. “Le plus dur a été fait avec l’accord des administrateurs indépendants d’Axa APH”, observe un analyste parisien spécialiste du secteur.

Le 18 novembre, Axa APH avait indiqué que l’ensemble de ses administrateurs indépendants, représentant les actionnaires minoritaires, soutenaient l’offre. Ce sont ces mêmes administrateurs qui avaient rejeté une première offre hostile en novembre 2009, de 11,04 milliards de dollars australiens (6,8 milliards d’euros), la jugeant trop faible.

Pour financer entre autres l’opération, Axa avait alors réalisé une augmentation de capital de deux milliards d’euros.

Bien avant l’arrivée d’AMP, Axa avait manifesté des velléités de rachat de sa filiale devenue Axa APH après le rachat en 1995 de l’australien National Mutual. Dès 2004, Axa avait souhaité en racheter 100%, avant de se heurter au refus des administrateurs indépendants.

Pour le français, l’objectif est de se recentrer sur ses activités asiatiques en assurance vie, en forte croissance, en ne passant plus par AXA APH. “Cela facilite les choses surtout pour la croissance interne, par exemple en cas d’injection de capital”, commente l’analyste.

La participation dans Axa APH n’avait pas empêché Axa de réaliser des opérations externes, comme la cession à la banque chinoise ICBC du contrôle de sa filiale d’assurance vie Axa-Minmetals Assurance.
Autre exemple, dans les années 1990, Axa APH n’avait pas souhaité participer à l’opération de rachat du japonais Nippon Dentai, qu’Axa a fini par acquérir directement.

L’assureur français, qui va avoir les mains totalement libres dans la région, estime qu’un tiers des nouveaux contrats signés en assurance vie proviendront désormais d’Asie, sans compter le Japon. Grâce à cette opération, “l’exposition au marché asiatique de l’assurance vie” doublera pour Axa, selon les mots du PDG Henri de Castries.

Paris, 29 novembre 2010 (AFP)