Stratégie : Generali prévoit de se retirer de « marchés non attractifs »

L’assureur italien Generali a confirmé mercredi ses objectifs financiers pour 2018, en présentant ses nouvelles lignes stratégiques qui prévoient son retrait de « marchés non attractifs » afin de générer un milliard d’euros, et une hausse de 15% de sa productivité d’ici trois ans.

Alors que des informations de presse ont fait état mardi de 8.000 possibles suppressions d’emplois, le patron de Generali, Philippe Donnet, a rappelé lors d’une conférence téléphonique que le groupe faisait « attention à tous les coûts, y compris de personnel », mais a contesté ces spéculations. « Nous n’avons jamais annoncé un plan de 8.000 suppressions d’emplois, ce chiffre n’existe pas », a-t-il affirmé, tout en affirmant: « nous sommes efficaces et nous voulons devenir encore plus efficaces ».

L’assureur, qui présente sa stratégie mercredi à Londres aux investisseurs, a confirmé vouloir porter son cash flow net disponible à plus de 7 milliards d’euros d’ici fin 2018, avec un rendement des fonds propres opérationnel (RoE) de plus de 13%. Il compte par ailleurs toujours verser plus de 5 milliards d’euros de dividendes cumulés à ses actionnaires d’ici-là. M. Donnet s’est félicité de la confirmation de ces objectifs, en soulignant que le contexte était aujourd’hui beaucoup plus compliqué qu’en mai 2015, quand ils avaient été annoncés. « Notre objectif est d’être leader dans les marchés où nous opérons, non par rapport à la taille mais en terme de profitabilité », a-t-il souligné.

« Generali est financièrement solide et exerce un contrôle minutieux sur une base de coûts déjà contenue », a-t-il dit, en ajoutant que le groupe allait « continuer à améliorer sa performance opérationnelle ». Generali, qui veut augmenter sa productivité moyenne de 15% d’ici 2019, entend « optimiser sa présence géographique »: il va ainsi « sortir de marchés moins rentables ». Ce « processus de rationalisation déjà commencée avec la cession d’activités au Guatemala et au Liechtenstein » doit « générer au moins un milliard d’euros d’ici 2018 », selon le groupe.

Priorité au numérique

Par ailleurs, la restructuration et simplification de ses activités va débuter dans les marchés matures, avec un objectif de réduction nette des coûts de 200 millions d’euros. A ce sujet, M. Donnet a souligné qu’« il n’y aura pas de plans de restructuration ». « L’Italie a déjà fait sa part ces trois dernières années » pour atteindre « une plus grande efficacité. Nous cherchons à faire plus ou moins la même chose dans les autres pays », a souligné le dirigeant français.

Le groupe entend par ailleurs « sécuriser ses investissements dans des marchés de croissance clés ». Afin de « créer de la valeur sur le long terme », l’assureur va parallèlement poursuivre les actions engagées en 2015 pour améliorer la fidélisation de la clientèle et les bénéfices, qui « ont déjà conduit à des résultats importants », selon lui.

Parmi ses priorités: une plus grande clarté dans la communication avec une police présentée seulement sur une seule page, une plus grande rapidité dans la résolution des dossiers avec une utilisation des SMS et des applications, et la digitalisation des dossiers des clients. Le groupe entend recourir davantage aux technologies liées aux smartphones, avec une communication directe entre l’assuré, l’agent et la compagnie d’assurance, et favoriser l’usage du numérique par ses 70.000 agents.

Concernant son actionnariat, alors que la banque d’affaires Mediobanca (qui détient aujourd’hui 13% de l’assureur) n’a pas exclu de réduire sa part au-delà de 10%, M. Donnet a indiqué ne « pas être préoccupé par la stabilité de l’actionnariat ». « Il n’y a pas de problème » à ce sujet, a-t-il dit.