Slovaquie : Pas de nationalisation pour les assureurs santé privés

Le gouvernement slovaque a suspendu mercredi les travaux sur un projet prévoyant la création d’une compagnie unique d’assurance maladie appartenant à l’État et la nationalisation possible des assureurs privés dans ce pays membre de la zone euro.

“Le ministère de la Santé n’entreprendra plus de démarches visant à mettre en place un assureur maladie unique, tant que le ministère des Finances ne se déclare prêt prêt à en couvrir les frais”, a indiqué le gouvernement sur son site, reconnaissante ainsi le manque de fonds nécessaires pour introduire la réforme cette année.

Le gouvernement de gauche avait promis de ramener en 2014 le déficit public sous 3,0% du PIB, alors que la croissance de l’économie slovaque devrait rebondir à 2,3% cette année, après 0,9% en 2013.

Connu pour ses opinions anti-marché, le Premier ministre Robert Fico avait indiqué en octobre 2012 qu’il souhaitait une seule compagnie d’assurance-maladie en Slovaquie à partir de 2014. Il a menacé d’une nationalisation possible des assureurs privés qui seraient sommés à vendre leurs entreprises à l’Etat pour un prix fixé par un auditeur.

“La suspension du plan est une décision sage et raisonnable, faisant penser que dès le début l’idée (…) était nuisible pour les services médicaux slovaques”, a commenté dans un communiqué l’Institut de la Santé, un groupe de réflexion basé à Bratislava.

Actuellement, tous les Slovaques sont obligés de payer leur assurance maladie. Ils ont le choix entre la Compagnie publique VsZP et deux entreprises privées: Dovera, contrôlé par le fonds tchéco-slovaque Penta, ou la compagnie Union appartenant au néerlandais Eureko.

M. Fico a reproché à plusieurs reprises aux assureurs privées de dégager un bénéfice sur des fonds publics, alors que le système de santé publique souffre d’un manque de financements chroniques.