Résultats S1 2021 : Generali double son bénéfice net

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Generali affiche des résultats supérieurs aux attentes et double son bénéfice net au premier semestre 2021.

Le numéro un de l’assurance en Italie, Generali, a vu son bénéfice net doubler au premier semestre, à 1,54 milliard d’euros, malgré un contexte économique toujours perturbé par la pandémie de coronavirus, et semble bien parti pour atteindre ses objectifs pour 2021.

Ce résultat, publié mardi, dépasse les attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur 1,46 milliard d’euros, selon le consensus compilé par Generali. L’entrée de primes brutes, l’équivalent du chiffre d’affaires, a augmenté de 5,5% à 38,09 milliards d’euros au premier semestre 2021, là aussi davantage qu’attendu par les analystes. “Nous sommes sur la bonne voie pour atteindre les objectifs ambitieux” du plan stratégique de Generali qui s’achève fin 2021, “même dans cet environnement très difficile“, a commenté à la presse son PDG, Philippe Donnet.

Le géant italien de l’assurance a dégagé un bénéfice opérationnel en hausse de 10,4% à 2,99 milliards d’euros. Ce bénéfice a été tiré par la croissance de l’assurance-vie (+5,4%) et de la gestion d’actifs (+39,6%), alors que le segment dommages (-3,6%) a pâti de demandes d’indemnisations liées à des catastrophes naturelles en Europe.

Impact limité des inondations

L’impact net sur les comptes de Generali des inondations en juillet en Europe, qui ont frappé surtout l’Allemagne, a été chiffré par le directeur financier, Cristiano Borean, à 100 millions d’euros au maximum, le reste étant pris en charge par la réassurance. Les intempéries en juin en Europe centrale ont également coûté environ 100 millions d’euros. Le ratio économique de solvabilité de Generali a atteint 231% fin juin, contre 224% un an auparavant.

Le groupe a confirmé les objectifs de son plan stratégique, dont des dividendes cumulés de 4,5-5 milliards d’euros sur la période 2019-2021. Philippe Donnet s’était déclaré dès avril “convaincu” que Generali allait “atteindre tous les objectifs” fixés pour 2021 et a annoncé travailler sur le plan stratégique 2022-24. Le patron français, dont le mandat s’achève en avril 2022, a confirmé mardi qu’il comptait présenter le nouveau plan le 15 décembre. Nommé en 2016, M. Donnet avait été renouvelé dans ses fonctions en 2019. Le conseil d’administration, qui a approuvé des résultats financiers jugés “excellents“, a décidé de “préparer une procédure” visant à établir “une éventuelle liste de candidats” en vue de son renouvellement en 2022.

Tensions

Alors que certains actionnaires contestent le bilan de M. Donnet, la question de la liste sera soumise à l’examen de la prochaine réunion des administrateurs prévue le 27 septembre. Interrogé sur ces tensions, M. Donnet a déclaré ne pas commenter des “rumeurs“: “je suis concentré sur mon travail, dans l’intérêt de tous les actionnaires du groupe, et sur la préparation du prochain plan stratégique“. La fronde est menée par l’homme d’affaires italien Francesco Gaetano Caltagirone, actionnaire à hauteur de 5,6%, et Leonardo Del Vecchio, fondateur du fabricant de lunettes Luxottica (4,8%), qui estiment que M. Donnet devrait être plus agressif en matière d’acquisitions, selon la presse italienne.

Début juillet, M. Del Vecchio a porté à 18,9% sa participation dans Mediobanca, premier actionnaire de Generali avec 12,9%, ce qui lui confère un droit de regard supplémentaire sur la gestion de l’assureur. M. Caltagirone possède 3% de Mediobanca. “Nous ne sommes pas obsédés par des fusions-acquisitions à tout prix, nous avons été très disciplinés ces dernières années“, ciblant des opérations de petite ou moyenne taille “pour diminuer les risques“, a fait valoir M. Donnet dans une conférence avec des analystes. “Il reste encore cinq mois avant la fin du plan, nous resterons fidèles à notre stratégie, à notre discipline financière“, a-t-il ajouté.

Depuis le début du plan 2019-2021, Generali a déjà investi 3,3 milliards d’euros dans des fusions-acquisitions. La dernière en date, l’offre publique d’achat (OPA) lancée fin mai sur l’assureur italien Cattolica, devrait coûter 1,2 milliard. En prenant en compte cette OPA, Generali dispose encore d’un trésor de guerre compris entre “800 et 900 millions d’euros“, selon les calculs de son directeur financier.

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