Résultats 2015 T3 : AIG plonge dans le rouge et prévoit des restructurations

L’assureur américain AIG, qui est sous la pression de l’influent investisseur activiste Carl Icahn, va supprimer des emplois dans le cadre d’une importante restructuration, après être tombé dans le rouge au troisième trimestre.

La perte nette trimestrielle s’élève à 231 millions de dollars, selon un communiqué publié lundi, contre un bénéfice net de 2,2 milliards de dollars à la même période un an plus tôt. Le groupe envisage une nouvelle réduction de la voilure en 2016 pour économiser en tout jusqu’à 500 millions de dollars par an.

Dans un document adressé au gendarme de la Bourse, la SEC, le groupe précise que quelque 400 postes seniors sont concernés. Il a ainsi inscrit une charge de 500 millions dans ses comptes trimestriels, dont 300 millions destinés à des indemnités de licenciement et le reste pour moderniser ses plateformes technologiques. AIG envisage aussi de continuer à se désengager des activités jugées non stratégiques et à faibles rendements, alors qu’il vient de boucler sa sortie du capital du groupe néerlandais AerCap.

“Les actions de restructuration mises en place au cours du trimestre dernier marquent des étapes importantes dans notre transformation pour devenir un groupe plus efficace, moins complexe et capable de répondre aux besoins de nos clients avec grande agilité”, essaie de rassurer le patron Peter Hancock, cité dans le communiqué.

En attendant, la performance courante d’AIG a déçu: le bénéfice opérationnel de 691 millions de dollars s’est traduit par un bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du nord, de 52 cents, contre 1,03 dollar attendu en moyenne par les analystes. Outre les charges, AIG a pâti de dépréciations de ses participations en Chine, notamment dans le groupe chinois PICC Property, et d’une hausse plus forte que prévu des accidents de la route aux Etats-Unis.

La division assurance grand public (assurance-retraite, assurance-vie ou personnelle), force traditionnelle, a ainsi vu son bénéfice opérationnel chuter de 40% à 596 millions de dollars, tandis que les gains de l’assurance commerciale (garanties d’hypothèques, sinistres et catastrophes) ont plongé de 34% à 815 millions de dollars.

Son chiffre d’affaires de 12,82 milliards de dollars est loin des 14,22 milliards espérés par les marchés. A Wall Street, le titre perdait 3,04% à 61,80 dollars vers 22H35 GMT dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance. Malgré ses pertes, le groupe a promis de distribuer un dividende de 28 cents par titre et va également reverser indirectement 602 millions de dollars via des rachats d’actions à ses actionnaires.

Ces annonces tombent au moment où AIG, sauvé de la faillite en 2008 par l’Etat fédéral, est sous la pression des investisseurs activistes américains John Paulson et Carl Icahn. Ce dernier vient de prendre une “importante” participation dans l’assureur et réclame sa séparation en trois entités indépendantes. L’une d’entre elles se spécialiserait dans l’assurance des prêts immobiliers (assurance invalidité notamment), une autre dans l’assurance-vie et la dernière dans la couverture des dommages et sinistres.

Ce schéma aurait l’avantage de dispenser l’assureur de renforcer ses fonds propres par exemple et de doper son cours de Bourse, défend M. Icahn. AIG est considéré actuellement par les régulateurs américains comme un groupe financier systémique, dont la taille est telle qu’une éventuelle faillite se répercuterait sur l’ensemble du système financier. Il est donc soumis à des exigences de liquidités très élevées, qui n’auraient plus lieu d’être après un démantèlement.

L’assureur, qui doit tenir une conférence téléphonique ce mardi avec les analystes, est en discussion pour donner son indépendance à l’activité de prêts, selon la presse américaine. Pour tourner le dos à une diversification tous azimuts qui avait failli le faire disparaître durant la crise financière, AIG est en train de se recentrer sur son coeur de métier l’assurance et a fini par rembourser à l’Etat fédéral les 180 milliards de dollars prêtés en 2008.