Réassurance : perspective stable malgré des tarifs en baisse pour S&P Global Ratings

Entre baisse généralisée des tarifs, abondance de capitaux et concurrence, la réassurance doit composer avec des conditions opérationnelles défavorables, mais bénéficie de fondamentaux solides et d’une perspective stable, affirme l’agence de notation S&P Global Ratings.

A l’approche des rendez-vous de septembre, grand-messe annuelle de la réassurance qui se tiendra du 9 au 14 septembre à Monte-Carlo, la perspective générale du secteur demeure stable, ont détaillé mardi les experts de l’agence lors d’une conférence de presse. « La solvabilité du secteur reste solide. La majorité des réassureurs maintiennent des excédents (de fonds propres) suffisants par rapport à leur notation moyenne qui est de niveau A, solide », a argumenté Lofti Elbarhdadi, directeur senior chargé de l’assurance.

Nonobstant, les « conditions opérationnelles du secteur restent défavorables », parmi lesquelles « une surcapacité de capitaux, c’est-à-dire que beaucoup de capitaux sont offerts sur le marché financier par rapport à la demande, ce qui a pour première conséquence une continuité dans la baisse des prix » dans un environnement contraire de taux d’intérêt bas, a-t-il poursuivi. Par ailleurs, le secteur est confronté depuis plusieurs années à une baisse tarifaire dans tous ses segments d’activité. En 2017, l’agence de notation a constaté un recul moyen des tarifs de 0 à -5%, la tendance devant être similaire en 2018, anticipe-t-elle.

Encouragés par des ratios assez bons, les réassureurs diminuent leurs tarifs mais « cette baisse s’approche des niveaux raisonnables », a averti M. Elbarhdadi. Dans ce contexte, « comment les réassureurs vont-ils jongler entre la nécessité de continuer, pour certaines lignes, à baisser les tarifs pour maintenir leurs volumes mais également à maintenir leur solvabilité et la qualité de leurs rendements ? »

D’où, à l’avenir, l’importance de la gestion des risques, coeur de métier des réassureurs, et de la préservation de la qualité des souscriptions, selon l’expert. Concernant la rentabilité technique, en 2016, le secteur a affiché un ratio combiné (indemnisation des sinistres et frais généraux rapportés aux primes perçues) de 92,7%. .

En 2017, S&P s’attend à un ratio compris entre 102 et 105%, qui dépendra de l’importance et de l’intensité des catastrophes naturelles, les récents cyclones Harvey et Irma ayant contraint les analystes à revoir leurs estimations à la hausse.