Notation : S&P prévoit une année à risques pour l’assurance

22% des assureurs restent sous perspectives négatives en 2013 selon S&P. La faiblesse des taux longs et l’incertitude réglementaire plombent le secteur.

La qualité de notation des assureurs s’est dégradée en 2012 et risque de continuer à l’être, affirme Standard&Poor’s dans son dernier rapport sur les risques globaux dans l’assurance.

Durant les trois premiers trimestres de 2012, S&P a réalisé presque trois dégradations de notes pour une revalorisation. Le secteur, surtout pour l’assurance-vie, a été secoué par la crise des dettes souveraines.

Pour 2013, le profil des assureurs demeure sous perspectives négatives pour 22% d’entre eux. 70% verraient leurs notes stables et 8% s’améliorer. La notation moyenne de crédit de long terme s’établit à A-.

Taux bas et incertitudes réglementaires

Plusieurs nuages guettent encore à l’horizon. L’activité en berne en 2013 sera mauvaise pour l’assurance-vie (S&P table sur une croissance nulle en zone euro).

 Les taux d’intérêts, historiquement bas, vont aussi continuer à peser sur l’assurance-vie. « Contrairement aux banques et aux assureurs en biens et responsabilités, les assureurs-vie tendent à  “mourir” lentement », juge S&P.

Les incertitudes qui pèsent sur les futures réglementations à la fois prudentielles et du marché « affectent négativement de nombreux assureurs sur le coût du capital, les choix stratégiques et donc sur leurs notations », souligne S&P.

Carences des régimes de solvabilité

Pour l’agence, en Europe, Solvabilité 2 est toujours entourée d’incertitudes et aura du mal à dépasser les insuffisances de Solvabilité 1. Mais elle devrait à terme, une fois mise en place, être bénéfique à la qualité de crédit du secteur.

En outre, S&P estime que certains risques sont sous-évalués à cause « des carences liées à la plupart des régimes de solvabilité actuels : les normes IFRS comptabilisant en décalé les actifs et les passifs et les garanties des polices d’assurance étant mal évaluées dans les passifs. »

De fait, d’après S&P, des taux bas ont tendance à « gonfler les fonds propres et les ratios de solvabilité étant donné la valorisation mark-to-market  des actifs et l’utilisation limitée du fair-value sur le passif ».