Marché : S&P surveille les taux et les catastrophes naturelles

L’agence de notation Standard and Poor’s tire un bilan plutôt positif de l’année 2018 pour l’assurance française, mais reste prudente sur les années à venir.

Pour les analystes de Standard and Poor’s, le marché de l’assurance en France se porte plutôt bien. S&P note 15 assureurs et bancassureurs français, dont Scor, qui représentent 150Mds d’euros de primes.

Marc-Philippe Julliard, à la tête de l’équipe parisienne, note particulièrement « le niveau de discipline élevé » des compagnies françaises, qui cumulent maintenant un équivalent de 4% des engagements en réserve. L’agence de notation met tout de même en avant « la stabilité des rendements des fonds euros pour 2018 » qu’elle explique par la stabilité des taux d’intérêts. Forcément, si « l’OAT et les taux d’intérêts descendent encore, les taux 2019 seront en baisse », prévoit Marc-Philippe Julliard.

L’agence est prudente sur les risques et les années à venir. « Tout va bien, mais nous avons des interrogations sur les taux d’intérêts et les catastrophes naturelles », reconnaît Marc-Philippe Julliard. En dommages, si la Loi Hamon a été favorable aux bancassureurs et si le marché est en croissance, la sinistralité en habitation et les catastrophes naturelles pèsent sur la rentabilité.

« Les assureurs ont pour référence Lothar et Martin (les tempêtes de 1999, ndlr) mais ce n’est pas la bonne stratégie, car nous assistons depuis quelques années à une succession d’événements moyens qui ont donné naissance à des polices ‘aggregate’ », explique Marc-Philippe Julliard qui met en garde : « les niveaux de réserves de CCR ont été affectés par les sinistres des trois dernières années ». Au point d’imaginer une possible augmentation des primes dans les années à venir, si la situation ne s’améliore pas.

Rien, dans les travaux sur une réforme du régime de la couverture des catastrophes naturelles ne porte sur ce sujet…