L’XS tête : le transfert de volatilité a de la valeur

A l’horizon de Solvabilité II, et dans une approche de gestion des risques privilégiant un modèle économique, la réassurance en XS tête (excédent de sinistre par tête) permet une forte réduction de la volatilité des risques décès/invalidité et une meilleure protection des résultats. Selon PartnerRe, la simplicité de sa mise en place ne doit pas masquer la complexité de sa tarification.

Lorsque Christophe de Margerie, PDG du groupe Total, décède le 20 octobre 2014 dans un accident d’avion à Moscou, son assureur a pu régler un sinistre d’un montant important au titre de la couverture prévoyance. Face à ce risque d’accident d’aviation rare mais très lourd, entraînant potentiellement un doublement voire un triplement des capitaux à verser, la réassurance en XS tête prouve son efficacité en limitant l’impact pour l’assureur.

En effet, la réassurance en XS tête trouve tout son intérêt lorsque se présente le risque d’un dérapage de sinistralité très fort lié à la survenance de sinistres de montants élevés. Dans un portefeuille collectif d’assurance prévoyance (décès, décès accidentel, invalidité), cette couverture permet de lisser les pointes de sinistralité importantes. Elle est préconisée notamment lorsque les capitaux à assurer par tête sont difficiles à identifier et peuvent donc entraîner une importante volatilité des sinistres. L’assureur ne dispose pas toujours de toutes les bonnes informations sur son portefeuille de risque de décès et invalidité. D’ailleurs, ces gros risques ne se situent pas uniquement au niveau du top management. Dans un cas de contrat collectif d’entreprise, un consultant avait souscrit des garanties très importantes en cas de décès. Le capital décès et les rentes d’éducation prévues pour une famille très nombreuse équivalaient ainsi à 50 ans de salaire soit une quinzaine de millions d’euros…

L’XS tête écrête les plus gros sinistres et homogénéise le portefeuille
L’XS tête a été mis en place dans les années 70, pour couvrir principalement des portefeuilles collectifs, à l’horizon d’une année. Il couvre une possible sur sinistralité, liée à des décès ou invalidités, entraînant le versement des capitaux décès, rente de conjoint et orphelin… Dans ces cas, le preneur de risque fait souvent face à une forte incertitude sur le montant des capitaux à engager en cas de survenance du sinistre. En effet, il reste très difficile de connaître chaque salaire, leur évolution, mais aussi la composition familiale, le nombre d’enfants… Comment la réassurance permet-elle d’absorber cette volatilité en cas de survenance de gros sinistres ?

L’XS tête est un traité non proportionnel, il ne se déclenche que pour des sinistres dépassant un certain montant. Ce seuil de déclenchement est appelé rétention, il correspond à une franchise. Sous ce niveau, le sinistre restera à la charge de la cédante. Le réassureur fixe également une limite d’intervention appelée portée ou limite. A chaque sinistre, le réassureur prend alors à sa charge le montant supérieur à la rétention jusqu’à la limite, comme illustré sur la Figure 1. En dehors de ces risques de pointe ou des risques mal connus, l’assureur va conserver tous les autres sinistres. Son intérêt sera alors de déterminer le niveau de rétention optimale afin de conserver le portefeuille le plus homogène qui soit, ce qui permettra de niveler les capitaux assurés.

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L’XS tête : un outil de gestion des risques dans le cadre de Solvabilité 2

Dans le futur cadre réglementaire de Solvabilité II et de la mise en place de l’ORSA, la réassurance, via notamment l’XS tête, peut jouer un rôle clé dans la meilleure connaissance et analyse des risques. L’XS tête apporte en particulier des résultats très intéressants dans un modèle économique où la volatilité est modélisée de manière explicite, contrairement à l’application de la formule standard. Il permet d’appréhender le bon niveau de SCR (« Solvency Capital Requirement»), soulageant ainsi le besoin en fonds propres de la cédante sur le risque de mortalité et de morbidité.

Peu d’acteurs se sont encore engagés sur cette voie en France. Mais le recours à un modèle interne peut permettre des gains en capital importants avec l’utilisation de l’XS tête. Les risques sont mieux connus et maîtrisés. Le transfert des risques importants et rares vers la réassurance est mieux ajusté, le besoin en fonds propres réduit, ce qui garantit une plus grande pérennité de résultats.

Une tarification complexe et technique à ne pas sous-estimer

Les avantages de cette couverture ont un coût qui doit être estimé à sa juste valeur. Comme on l’a vu, l’identification du coût des sinistres potentiels est souvent rendue difficile par le manque d’accès à l’information sur la personne à assurer (salaire, situation familiale, rentes…). Le réassureur doit réaliser un travail important de retraitement des sinistres passés pour les actualiser à la nouvelle couverture recherchée. Les délais de déclaration des sinistres sont également souvent longs, ce qui a un impact sur la remontée des informations entre tous les intermédiaires. Enfin, le réassureur doit aussi pouvoir identifier la capacité non utilisée, c’est-à-dire la différence entre le montant de la capacité de l’XS tête et le montant du sinistre maximum, pour ajuster le tarif. La technicité de la tarification doit s’adapter à chaque portefeuille pour refléter au mieux la réalité. Ce type de programme apporte une protection optimale des résultats à la cédante et peut permettre des gains en capital importants dans le cadre d’un modèle interne. L’XS tête s’inscrit parfaitement dans les exercices ORSA et la diffusion d’une plus grande culture de la gestion du risque, propre à Solvabilité II.

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Comme illustré sur la Figure 2, après l’application de la rétention, la courbe représentant la distribution des sinistres va se déplacer sur la gauche et s’effiler, ce qui correspond à une réduction de la moyenne des sinistres et de l’écart-type. La volatilité des capitaux assurés diminue.

L’XS tête démontre son efficacité pour réduire la volatilité et rendre un portefeuille homogène. Mais il est encore plus intéressant lorsqu’il s’inscrit dans un programme plus complet de réassurance des risques décès et invalidité dans la mesure où il n’aura pas d’impact sur un risque de fréquence importante comme des pandémies, ou des catastrophes naturelles. L’XS tête permet surtout de réduire le risque de montant, c’est-à-dire l’intensité d’un sinistre. Il pourra s’optimiser en étant associé à un XS Cat et un Stop-Loss en cas de pandémie par exemple.

Contributeur

Olivia Collet-Hirth, Souscripteur Vie, PartnerRe

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