Institution : Les grands assureurs remettent en cause l’importance du risque systémique

Les grands assureurs mondiaux estiment que la faillite de l’un d’eux n’induirait pas, a priori, de risque systémique car les mécanismes existants de démantèlement d’un assureur défaillant permettent de ne pas déstabiliser le système financier, selon un document publié lundi.

 « Les démantèlements d’assureurs sont des processus stables qui ne présentent pas de risques et ne déclenchent pas les mêmes réactions de la part des Etats » que dans le cas des banques, estime le document publié par l’association de Genève, qui regroupe les grands groupes d’assurance mondiaux.

Depuis que la réforme de la régulation a été engagée, au lendemain de la crise financière, les assureurs plaident pour un traitement différencié de celui appliqué aux banques, considérant que les risques induits par une défaillance ne sont pas les mêmes.

 Le Conseil de stabilité financière (FSB) a publié début novembre une liste de 29 établissements considérés comme systémiques, qui ne comprend que des banques, tout en laissant la porte ouverte à un élargissement.

Retraits de liquidités peu probables

Outre l’existence de mécanismes pré-existants, l’association de Genève rappelle que « le bilan d’un assureur ne réagit pas aux tensions de la même manière qu’un bilan bancaire ».

Les grands assureurs font également valoir qu’en cas de défaillance, « un démantèlement accéléré ne serait pas nécessaire », notamment parce que des retraits massifs de liquidités sont peu probables, à la différence de ce que peut connaître une banque en difficulté.

 « Il est important de garder à l’esprit que le démantèlement d’un assureur n’a jamais provoqué de crise financière systémique », affirme l’association.

 Elle écarte le cas d’AIG, qui n’a dû sa survie fin 2008 qu’à l’injection de près de 200Mds de dollars par l’Etat américain, arguant du fait que sa défaillance n’était pas liée à ses activités d’assurance et que la filiale concernée n’était pas contrôlée par le régulateur des assurances.

 Dès lors, du point de vue des grands assureurs, les réformes en cours pour traiter du risque systémique lié aux banques ne doivent pas servir de référence pour définir ce qui est nécessaire à la régulation et à la supervision du secteur des assurances.