Italie / Generali : Bernheim en désaccord avec Bolloré à propos de PPF

L’ancien président de l’assureur italien Generali, Antoine Bernheim, défend mardi dans le quotidien La Repubblica l’accord sur la coentreprise avec le groupe tchèque PPF critiqué par Vincent Bolloré et indique ne pas comprendre la stratégie de M. Bolloré.

M. Bernheim, qui a été remplacé l’an dernier à la présidence de Generali par Cesare Geronzi, souligne dans cet entretien que la coentreprise établie entre Generali et PPF en 2007 en Europe de l’est a été une « victoire importante pour Generali et pour sa réputation au niveau international ».

« Les termes de la transaction ont été équitables pour les deux parties », ajoute M. Bernheim, qui est président honoraire de Generali mais se dit « de fait hors de la compagnie ». L’homme d’affaires français Vincent Bolloré, qui est vice-président de Generali, a appelé il y a deux semaines à une « clarification obligatoire sur la gouvernance » de Generali, critiquant notamment l’accord sur la coentreprise avec PPF qu’il juge « déséquilibré ».

La direction de Generali s’est défendue de ces accusations en assurant n’avoir accordé aucun traitement de faveur à PPF. La sortie de M. Bolloré, perçue comme une critique de la direction opérationnelle de Generali et en particulier de son directeur général Giovanni Perissinotto, a provoqué une vive polémique au sein du conseil d’administration de Generali et de l’ « establishment » financier italien.

Interrogé sur la stratégie de M. Bolloré, dont il a été le mentor en affaires, M. Bernheim répond qu’il n’en a « aucune idée ». « Comme vous savez, il a joué un rôle important dans mon départ de Generali. Depuis ce moment, je ne comprends pas quelle est sa stratégie en Italie », poursuit M. Bernheim.

Generali est secoué depuis plus de deux mois par des tensions au sein de son conseil d’administration. Outre la polémique suscitée par M. Bolloré, le président Cesare Geronzi,
dont M. Bolloré est considéré comme proche, s’est retrouvé aussi sous le feu des critiques pour avoir donné en février des indications stratégiques ne correspondant pas à celles discutées au sein du conseil et annoncées au marché par la direction opérationnelle de Generali. Generali a convoqué mercredi un conseil d’administration crucial pour trouver une issue à ces tensions.

Milan (Italie), 5 avr 2011 (AFP)