International : AIG n’est plus considéré comme un groupe systémique

Fidèle à sa volonté de démanteler la régulation financière née de la crise de 2008, l’administration de Donald Trump a décidé vendredi de retirer le groupe d’assurances américain AIG de la liste des sociétés à risque systémique, qui lui imposait une surveillance réglementaire renforcée.

“Cette initiative démontre notre engagement à agir de façon décisive pour ôter une compagnie” de la liste des entreprises présentant un risque pour le système financier en cas de faillite “si ce groupe ne présente plus de menace à la stabilité financière”, a affirmé le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué. American International Group (AIG) avait été un des principaux groupes au centre de la déroute financière provoquée par les prêts immobiliers à risque (“subprimes”). L’Etat américain avait du utiliser l’argent du contribuable pour sauver l’assureur de la faillite, apportant plus de 180 milliards de dollars, ce qui avait provoqué un tollé au parlement.

Avec une trentaine de grandes banques, dont la faillite est considérée trop risquée pour le système financier, AIG, ainsi que quatre autres établissements financiers non bancaires, avaient été ensuite placés en 2013 sur la liste des groupes présentant des risques “systémiques” ou “too big to fail” (“trop importants pour faire faillite”). Depuis, une seule compagnie, GE Capital, le bras financier de General Electric, avait obtenu en juin 2016 d’être retirée de la liste, mise en place dans le cadre de la réforme Dodd Frank sur la régulation du monde financier.

Un autre assureur, Metlife, a contesté sa désignation devant un tribunal et attend un arrêt en appel. Avec la décision de vendredi, l’assureur Prudential Financial reste l’unique groupe non-bancaire à devoir respecter des règles de gestion renforcées et se plier à des tests de résistance. Cette désignation implique en effet de suivre une régulation plus stricte, avec des contraintes de coussins de capitaux propres notamment, ce à quoi se sont souvent opposés les groupes désignés sous l’administration Obama.

La décision vendredi de retirer AIG de la liste est revenue au FSOC, une instance créée après la crise de 2008 qui réunit toutes les autorités de régulation financière américaine sous la houlette du Trésor. Elle n’a pas été prise à l’unanimité mais à 6 contre 3. Alors que le détricotage de la loi Dodd Frank imposant des gardes-fous contraignants et parfois coûteux aux groupes désignés est une des priorités de l’administration Trump, le secrétaire au Trésor du président américain Steven Mnuchin a voté pour, mais aussi Janet Yellen, présidente de la Fed.

En revanche, parmi ceux qui se sont opposés à cette décision, figure Richard Cordray, le directeur du Bureau de la protection financière des consommateurs (CFPB), une instance qui est mal considérée par les républicains au Congrès. Dans un communiqué, AIG s’est félicité de la décision affirmant que ce retrait de la liste des entreprises à risque reflétait sa “stratégie réussie d’atténuation des risques”.

AIG n’est plus le mastodonte qu’il a été avant la crise financière, avec des activités variées dont certaines hors de son coeur de métier. Le groupe a cédé pour plus de 500 milliards de dollars d’actifs et procédé à des milliers de licenciements.