Intelligence artificielle : La fausse promesse de 40% des start-up en Europe

Intelligence artificielle

On ne compte plus le nombre de start-up mettant en avant l’intelligence artificielle dans leur proposition de valeur. Pourtant, selon une étude du fonds MMC Ventures, en Europe, la promesse n’est pas toujours tenue.

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Une définition majoritairement retenue depuis les premières expériences dans les années 1950 la détermine comme « un système qui permet à des logiciels d’accomplir plus efficacement des tâches par l’apprentissage au lieu de suivre un ensemble de règles prédéfinies ». En d’autres termes, système applicatif scénarisé et intelligence artificielle sont deux mondes bien distincts.

Cette distinction semble parfois oubliée par les start-up selon une étude du fonds d’investissement MMC Ventures. Ce dernier a passé au crible 2.830 jeunes pousses européennes assurant intégrer de l’intelligence artificielle. Le résultat est assez édifiant. 40% d’entre elles ne proposeraient finalement pas d’intelligence artificielle dans leurs solutions. Pour certaines, il ne s’agirait que de scénarios automatisés sans aucune espèce de réseaux neuronaux ou autre forme de machine learning.

Elles sont pourtant de plus en plus nombreuses à se créer sur cette promesse. Toujours selon MMC Ventures, seul 0,6% des start-up créées en 2010 en Europe proposait de l’intelligence artificielle. Elles étaient 7,9% en 2018.

Pourquoi cet engouement et cette déformation de la réalité ? La réponse est la même dans les deux cas. MMC Ventures souligne en effet que les start-up proposant de l’IA lèvent en moyenne 15% de plus qu’une jeune entreprise plus classique. Elles surfent également sur les politiques nationales et la compétition mondiale qui s’est installée, chaque nation souhaitant devenir la terre promise de l’intelligence artificielle. « Si nous voulons rester un grand continent économique au 21ème siècle, il faut investir massivement dans l’intelligence artificielle et dans les nouvelles technologies. C’est une question de survie économique et de souveraineté pour tous les pays européens », lançait Bruno Le Maire, ministre de l’Économie à la sortie d’une réunion du conseil européen le 22 février dernier.

La thématique a le vent en poupe et nombre d’assureurs investissent dans cette promesse. Selon MMC Ventures, 40% des nouvelles start-up proposant de l’IA ciblent les secteurs de la finance et de la santé. Deux secteurs où se trouvent à la fois les données et les liquidités.