InsurTech : la gestion de sinistres, le segment le plus porteur

Certains segments de la chaîne de valeur sont surinvestis par les insurtechs mais il existe encore des opportunités dans la gestion de sinistres, selon une étude d’Oliver Wyman et Policen Direkt qui analyse l’impact des insurtechs sur l’ensemble du secteur de l’assurance.

Intitulée « L’Insurtech passée au crible : bulle passagère ou nouvelle frontière », l’étude du cabinet de conseil Oliver Wyman et de Policen Direkt analyse l’impact des start-ups de l’assurance sur l’ensemble du secteur.

Selon les auteurs, les Insurtech existantes n’en sont qu’aux prémices de l’exploitation de tous les atouts d’innovation dans le secteur. « La première vague des sociétés d’InsurTech a produit beaucoup d’activité sans réellement perturber le secteur. Il y aura bientôt une seconde vague plus impactante, plus créative et plus ambitieuse capable de modifier en profondeur la manière dont les assureurs couvrent le risque. La question est de savoir comment le secteur y répondra », considère Dietmar Kottmann associé d’Oliver Wyman et co-auteur de l’étude. L’ouvrage identifie les modèles économiques possibles à différents niveaux de la chaîne de valeur et les opérateurs de l’insurtech les plus innovants.

Selon les auteurs, la concentration d’activité et les opportunités de business varient en fonction du segment de la chaîne de valeur. Le segment des entreprises développant des produits et services d’assurance est « restreint », selon les auteurs, mais en pleine transformation. Il présenterait des « opportunités d’investissement inexploitées ». Des Insurtech qui se positionnent dans la gestion de risque seraient ainsi susceptibles de susciter l’intérêt des assureurs en place. En revanche, les Insurtech positionnées sur les nouveaux risques numériques tels que le cyber-risque sont exposées à une forte concurrence de la part des acteurs traditionnels

Dans le segment de la distribution, il y a un nombre foisonnant de nouvelles entreprises. Le décalage entre l’attractivité et le niveau réel d’activité conduit les auteurs de l’étude à prévoir une baisse des acteurs dans les années à venir. Cela dit, certains modèles économiques novateurs tels que les plateformes professionnelles ou les partenaires financiers personnels ont de beaux jours devant eux, selon les auteurs de l’étude.

Le secteur des  » opérations « , et notamment celui de la gestion de sinistres serait le plus prometteur car il présenterait un fort niveau d’activité ainsi qu’un niveau de succès élevé. C’est également le segment où les InsurTech ont plus de chances de réussir face aux assureurs traditionnels.

Les insurtech obligent les assureurs traditionnels à repenser leurs business modèles, à être plus innovants, plus transparents et à mettre le client au centre de l’offre. Mais « le fait que les sociétés d’InsurTech conquièrent tel ou tel domaine spécifique ne signifie pas que les assureurs établis vont devenir obsolètes. D’ailleurs, la majeure partie de ces sociétés concentrent leurs efforts sur une collaboration avec le monde actuel de l’assurance. Peu de start-ups se positionnent en opposants directs », indique Nicolai Dordrechter, directeur général de Policen Direkt et co-auteur de l’étude.